Tarif horaire d’un monteur vidéo : pourquoi tu ne devrais jamais facturer à l’heure

Théo Bayoux joue avec son husky au bord de la piscine

Tu passes une soirée, puis deux, puis tout ton week-end sur une vidéo. Tu la livres, le client paie, et tu n’oses pas diviser ce qu’il t’a payé par tes heures. Tu sens que quelque chose cloche, sans savoir quoi. Quelqu’un qui voulait se lancer m’a décrit exactement ça en appel : « Une vidéo à 150 $ me prend à peu près une semaine. » Même en comptant seulement une vingtaine d’heures sur la semaine, ça fait moins de 8 $ de l’heure. Son problème n’était pas son prix. C’était son temps, et personne ne lui avait appris à le mesurer. Ici, tu vas apprendre à mesurer le tien, et comprendre pourquoi ce chiffre ne doit jamais apparaître sur ta facture.

La réponse courte. Sur Codeur.com, en octobre 2026, une journée de montage se paie 100 € en moyenne, ce qui fait un tarif horaire d’environ 14 € pour un monteur vidéo. Vise au moins 25 € de l’heure. Mais ne facture pas à l’heure : facture la vidéo, puis calcule ton vrai taux horaire (le prix de la vidéo divisé par le temps passé dessus) pour savoir si ton prix tient.

Ton vrai taux horaire se calcule en dix secondes

Ton taux horaire réel, c’est le prix de la vidéo divisé par le temps passé dessus. Pas le temps que tu crois avoir passé : le temps chronométré, du premier rush jusqu’à l’export, corrections comprises.

Prends une de mes factures : une vidéo de 35 minutes, que j’ai montée en 2 heures et facturée 200 €. Divise 200 par 2, tu obtiens 100 € de l’heure. Prends maintenant Hassen. Il a passé quinze ans en boulangerie avant de devenir monteur, et il m’a écrit en septembre : « Entre 40 et 60 € de l’heure si je suis chaud. » Sur une de ses missions, une heure et demie de tournage et une heure et demie de montage lui ont été payées 400 €.

Regarde bien ces deux exemples : aucun de ces taux n’est écrit sur une facture. Les clients ont payé une vidéo, pas des heures. Ton taux horaire, c’est un outil pour toi, pour savoir si ton prix tient. Ce n’est jamais le chiffre que tu montres au client.

Pour savoir si ton chiffre est bon, il te faut quand même un point de comparaison. Le plus courant, c’est ce que paient les plateformes.

Le tarif horaire d’un monteur vidéo sur les plateformes : environ 14 €

Selon Codeur.com, le TJM d’un monteur vidéo relevé en octobre 2026 est de 100 €. Le TJM, c’est le taux journalier moyen : ce qu’un monteur touche en moyenne pour une journée de travail. Ramené à l’heure, ça fait environ 14 €. Pour un profil débutant, la journée tombe même à 35 €.

Pourquoi si peu ? Parce que sur une plateforme, le client compare des dizaines de profils avec le seul critère qu’il voit tout de suite : le prix. Si tu gagnes mal sur une plateforme, ce n’est pas ta faute. La plateforme est construite pour que le prix le plus bas l’emporte.

Mon repère à moi est différent : vise au moins 25 € de l’heure. À partir de ce taux, un mois à plein temps commence à ressembler à un salaire, à condition de ne pas oublier ce que tu reverses. Parce que ce que tu factures n’arrive pas en entier sur ton compte. Selon Service-Public (page vérifiée le 21 février 2026), un micro-entrepreneur paie des cotisations sociales, c’est-à-dire une part de chaque facture reversée à l’URSSAF : 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) et 25,6 % pour les professions libérales non réglementées (BNC). Sur 25 € facturés, il te reste donc environ 19,70 € ou 18,60 €, avant l’impôt sur le revenu.

Une fois ton repère posé, tu te demandes sûrement pourquoi ne pas simplement facturer 25 € de l’heure.

Facturer à l’heure : plus tu vas vite, moins tu gagnes

Imagine que tu factures 25 € de l’heure. Une vidéo te prend 8 heures, donc tu factures 200 €. Six mois plus tard, avec tes presets (tes réglages enregistrés), tes raccourcis clavier et les outils d’IA de ton logiciel, la même vidéo ne te prend plus que 4 heures. Tu factures 100 €. Tu es devenu deux fois plus rapide, et tu gagnes deux fois moins.

Refais le calcul en facturant la vidéo 200 €. À 8 heures de travail, tu gagnes 25 € de l’heure. À 4 heures, tu passes à 50 €. Le client, lui, reçoit exactement la même vidéo, au même prix. Il ne perd rien.

Toute l’idée tient en une phrase : le client n’achète pas tes 20 minutes, il achète les deux ans que tu as mis à pouvoir le faire en 20 minutes. Ta vitesse doit finir dans ta poche, pas dans la sienne.

Et ce mouvement ne fait que commencer. Ton logiciel coupe déjà les silences et écrit déjà les sous-titres à ta place. Dans les dix-huit prochains mois, je vois chaque mise à jour t’accélérer encore. Le monteur qui vend ses heures verra sa facture rétrécir à chaque nouvelle version. Celui qui vend la vidéo verra son taux monter sans rien demander à personne. Donc, dès ton prochain devis (le document où tu annonces ton prix avant de commencer), écris un prix pour la vidéo, jamais un nombre d’heures. Pour fixer ce prix, appuie-toi sur ce qui fait le prix du montage d’une vidéo YouTube.

Il existe pourtant un cas où raisonner à la journée tient debout.

Le seul cas où la journée a du sens : la publicité

Ce cas, c’est le montage de publicités. Je facture la journée de montage entre 200 et 600 €. Sauf que ce n’est pas un taux horaire caché. Le client réserve une journée de production, avec un nombre de publicités fixé avant de commencer. C’est un forfait, c’est-à-dire un prix décidé à l’avance pour un travail précis, avec quelque chose de concret à livrer au bout. Ce n’est pas un compteur qui tourne. Si un client te parle de TJM, ramène toujours la discussion là-dessus : combien de publicités, livrées quand.

Pour un créateur qui t’envoie des vidéos chaque semaine, c’est la même logique, à l’échelle du mois : un prix fixe pour un nombre de vidéos décidé ensemble. La méthode est dans comment proposer un forfait mensuel de monteur vidéo.

Mais avant de choisir ta façon de facturer, il te faut ton propre chiffre, celui que personne ne peut calculer à ta place.

L’exercice : calcule ton taux horaire réel

Chronomètre tes trois prochaines vidéos. Lance le chrono quand tu ouvres le premier rush, arrête-le à l’export, et relance-le à chaque série de corrections. Fais la moyenne des trois.

Entre ensuite tes chiffres ici : ton prix par vidéo, ton temps passé, le nombre de vidéos par mois et ton statut. Le calculateur te donne ton taux horaire, ce que tu factures dans le mois et ce qu’il te reste après cotisations.

Calcule ton vrai taux horaire
Ton taux horaire
–

Au-dessus de 25 € de l'heure, ton prix tient. En dessous, pas de panique, mais il faut trouver la cause.

Moins de 25 € de l'heure : ton temps ou ton client ?

La cause est toujours l'une de ces deux-là.

Ton temps. Le dérush, c'est-à-dire le tri des rushs avant de monter, prend souvent la moitié du temps de montage. C'est donc là que tu gagnes en premier. Viennent ensuite toutes les tâches qui se répètent : les sous-titres, la suppression des silences, les réglages d'export. Les outils de ton logiciel les font déjà. Et si tu factures la vidéo, chaque heure gagnée fait monter ton taux sans rien changer pour le client.

Ton prix. Si tu montes vite et que tu restes sous 25 € de l'heure, c'est ton prix ou ton client qui coince. Arrête de proposer un seul chiffre, et propose une offre de monteur vidéo à trois niveaux. Et si le client te répond que c'est trop, lis quoi répondre quand un client trouve ton prix trop haut avant de baisser quoi que ce soit.

Théo Bayoux au soleil, en chemise blanche
Ton prix suit la vidéo livrée, jamais le nombre d'heures passées.

Parfois, le vrai problème, c'est le client lui-même. Un créateur qui ne gagne rien grâce à ses vidéos n'aura jamais de quoi te payer correctement. Ceux qui paient sont souvent de petits créateurs qui vendent un coaching ou un service. Pour les trouver, suis comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant.

Et une fois que ton taux tient, un dernier piège t'attend, celui que ton chronomètre ne voit pas.

Ce que ton chronomètre oublie de compter

Ce piège-là n'arrive que le jour où tout va bien. Dans quelques mois, ton chronomètre affichera 40 € de l'heure sur chaque vidéo. Tu seras content, et tu auras raison. Sauf que ton chrono ne compte que le montage. Il ne voit pas les messages du client, l'appel pour comprendre ce qu'il veut, l'envoi des fichiers, la facture, la relance quand il oublie de payer, ni les heures passées à chercher le client suivant. Sur un mois, ces heures invisibles peuvent faire tomber tes 40 € bien plus bas.

Je t'en parle dès maintenant pour que tu ne découvres pas ce trou en fin d'année, en faisant tes comptes. Le remède : une fois, pendant une semaine entière, compte tout, puis glisse ces heures dans ton prix par vidéo. Et limite les corrections à deux allers-retours, annoncés dès le premier message. Un aller-retour, c'est le client qui t'envoie ses corrections, et toi qui lui renvoies la vidéo corrigée.

Questions fréquentes

Quel est le TJM moyen d'un monteur vidéo ?

Sur Codeur.com, il était de 100 € par jour en octobre 2026, soit environ 14 € de l'heure, et de 35 € par jour pour un débutant. Ce sont des prix de plateforme, tirés vers le bas parce que chaque client compare tout le monde. En allant chercher tes clients toi-même, tu peux viser plus haut.

Combien gagne un monteur vidéo freelance de l'heure ?

Il n'existe pas un seul chiffre, parce que tout dépend de ton prix et de ton temps. Vise au moins 25 € de l'heure. Une face caméra simple montée vite peut rapporter beaucoup plus, comme ma vidéo de 35 minutes payée l'équivalent de 100 € de l'heure.

Faut-il afficher un tarif horaire sur son site ?

Non. Affiche des offres, avec ce qu'elles contiennent. Un tarif horaire pousse le client à compter tes heures, alors qu'il devrait regarder ce qu'il reçoit. Si tu débutes, commence par combien facturer un montage quand on est monteur vidéo débutant.

Que répondre à un client qui demande ton taux horaire ?

Que tu factures à la vidéo, pour qu'il sache exactement ce qu'il paie avant que tu commences. Donne-lui ensuite un prix fermé, qui ne bougera plus, avec la durée, les titres et animations prévus, et deux allers-retours inclus.

Faut-il apprendre le montage avant de calculer son taux horaire ?

Non, le calcul se fait dès ta première vidéo, même pour un exercice. Il te montre tout de suite où part ton temps. Si tu pars de zéro, les 5 étapes pour devenir monteur vidéo te donnent l'ordre à suivre.

Ton prochain pas

Tu sais calculer ton vrai taux horaire, et tu sais pourquoi il reste en dehors de ta facture. Si ton chiffre est bas, il faut encore trouver si c'est ton temps ou ton client qui coince, et ça se voit mieux à deux. Réserve ton appel gratuit : on pose tes chiffres sur la table, et je te dis par où commencer. Hassen sortait de quinze ans de boulangerie quand il s'est lancé. Aujourd'hui, c'est lui qui m'écrit son taux horaire. Le jour où tu feras la division sans redouter le résultat, ce sera ton tour.

Regarder mes chiffres avec Théo

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l'accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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