Tu finis un mois avec trois vidéos facturées. Le 1er du mois suivant, ton compteur est retombé à zéro, et tu recommences à chercher. Cette peur de repartir de rien à chaque fois, beaucoup de gens qui hésitent à se lancer la portent. L’un d’eux me l’a demandé en appel : « Est-ce que tu arrives à avoir des clients réguliers, ou est-ce que tu es obligé de prospecter tout le temps, tout le temps, tout le temps ? » Si tu as, toi aussi, peur de devoir chercher des clients tous les mois, c’est normal : on t’a souvent montré comment décrocher une mission, presque jamais comment garder un client. La réponse tient en deux mots, forfait mensuel. Ce que tu ne sais pas encore, c’est comment le proposer et à quel prix, et c’est tout ce qui suit.
La réponse courte. Un forfait mensuel de monteur vidéo, c’est un prix fixe chaque mois pour un nombre de vidéos décidé à l’avance, payé au début du mois. Un de mes clients me paie 800 € par mois pour 4 vidéos, une agence immobilière 700 €. Et pour le créateur qui envoie n’importe quoi, n’importe quand, j’utilise une formule à 1 000 € par mois sans compter les vidéos, avec un délai de livraison fixé à l’avance.
Ce qu’un forfait mensuel change dans ton mois
Quand tu factures à la vidéo, chaque mois démarre à zéro. Tu attends les commandes, tu envoies un devis (ta proposition de prix) à chaque fois, et c’est seulement le 30 que tu découvres combien tu as gagné.
Avec un forfait, tu le sais dès le 1er. Tu peux prévoir tes semaines, le temps que tu gardes pour chercher d’autres clients, et même tes vacances. Ton client y gagne aussi : il n’a plus de devis à valider, il travaille avec un monteur qui connaît sa chaîne, et sa place est réservée dans ton planning.
C’est comme ça qu’on passe de petites missions à un vrai revenu. Pas grâce à un gros client, mais grâce à quelques clients réguliers, payés au mois. Pour te montrer à quoi ça ressemble en vrai, voici trois forfaits que j’ai mis en place.
Trois forfaits réels, trois façons de vendre ton mois
Chacun de ces forfaits te montre une logique différente.
| Client | Prix mensuel | La logique |
|---|---|---|
| Créateur qui vend du coaching immobilier, 2 000 abonnés | 800 € | Un nombre précis : 4 vidéos |
| Agence immobilière | 700 € | Une entreprise du coin, pas un YouTubeur |
| Créateur qui envoie « n’importe quoi, n’importe quand » | 1 000 € | Pas de compteur de vidéos, mais un délai de livraison fixé à l’avance |
Le forfait au nombre de vidéos. Mon client à 800 € n’a que 2 000 abonnés. Mais il vend un coaching en immobilier entre 1 000 et 5 000 €. Une seule vente lui paie donc entre un et six mois de montage. Il ne regarde pas le prix de la vidéo, il regarde ce qu’elle lui rapporte. Et 800 € pour 4 vidéos, ça fait 200 € la vidéo, le bas de la fourchette d’une vidéo YouTube. C’est ce genre de client que tu veux, toi aussi, passer au mois.
Le forfait entreprise. L’agence immobilière à 700 € te prouve que le forfait n’est pas réservé aux YouTubeurs. Les entreprises de ta ville ont, elles aussi, besoin de vidéos. Hassen, qui a quitté la boulangerie pour le montage, est allé voir les agences immobilières en porte-à-porte. Ce qu’il entendait : « Tous les directeurs d’agence me disent : il faut qu’on s’y mette, mais personne ne le fait. » Ce que j’en tire pour la suite : ces agences qui disent aujourd’hui qu’il faut s’y mettre vont s’y mettre, et elles voudront quelqu’un de fiable, chaque mois. Donc commence dès maintenant par celles de ta ville, pendant qu’elles hésitent encore.
La formule tout-terrain. Certains créateurs envoient leurs vidéos sans aucun rythme : trois une semaine, aucune la suivante. Pour eux, je propose 1 000 € par mois, quel que soit le nombre de vidéos, avec un délai de livraison décidé ensemble au départ. S’il envoie trois vidéos le même jour, elles sortent l’une après l’autre, chacune dans le délai prévu. Le créateur est tranquille, et toi, ton mois est payé d’avance.
Ces trois exemples te donnent des repères. Pour ton forfait à toi, il te faut un calcul.
Fixer le prix de ton forfait mensuel de monteur vidéo
Pars de ton prix par vidéo, multiplie-le par le nombre de vidéos que tu montes dans le mois, puis ajoute ce que tu livres autour : les shorts, les miniatures (les images qu’on voit avant de cliquer), les idées de vidéos. Si tu ne sais pas encore chiffrer une vidéo, commence par ce qui fait le prix du montage d’une vidéo YouTube.
Ne fais pas de grosse remise sous prétexte que c’est au mois. Ton client ne paie pas moins, il paie autre chose : la tranquillité, une place prioritaire dans ton planning, un monteur qui connaît sa chaîne. Tout ça mérite d’être payé.
Évite aussi d’écrire ton forfait en minutes de vidéo finie. Une minute de face caméra et une minute pleine d’animations ne te demandent pas le même travail. C’est pour ça que le prix d’un montage à la minute est un piège. Et plutôt qu’un seul forfait, présente-en trois, du plus simple au plus complet : je montre comment dans la grille à trois niveaux pour créer ton offre de monteur.
Une fois ton prix trouvé, il reste le moment le plus délicat : le proposer à un client qui te paie déjà à la vidéo.
Passer un client de la vidéo au forfait
Le bon moment arrive quand tu as déjà livré quelques vidéos dans les délais, et que le client t’en envoie à un rythme régulier. Là, tu ne lui vends rien de plus : tu lui proposes de se simplifier la vie. Par exemple :
Ça fait trois vidéos qu’on fait ensemble, et tu en publies une par semaine. Je te propose de passer au mois : 4 vidéos par mois, livrées sous 5 jours après réception des rushs, deux allers-retours par vidéo, pour [prix] par mois, payés en début de mois. Tu n’as plus de devis à valider, et ta place est réservée dans mon planning.
Chaque aller-retour, c’est une série de retours du client, puis la version corrigée que tu lui renvoies. Et regarde ce qui manque dans ton message : une remise. Tu vends de la tranquillité et une place réservée, pas une réduction. Si ton client hésite, propose-lui un premier mois pour essayer, puis tu fais le point avec lui.
S’il dit oui, ne commence pas tout de suite. Un forfait se protège avant le premier jour.
Les huit points à écrire avant le premier mois
Un forfait sans règles écrites devient vite un forfait sans limite. Avant le premier mois, écris ces huit points.
- Le volume : combien de vidéos par mois, ou, pour la formule tout-terrain, le délai de livraison à la place du nombre de vidéos.
- Ce qu’est une vidéo : la durée finale à peu près, la quantité de rushs (ce que le client a filmé), le niveau d’habillage (les titres, animations et sons que tu ajoutes).
- Le délai : en combien de jours tu livres après avoir reçu les rushs.
- Les corrections : deux allers-retours par vidéo, et au-delà, ils se paient.
- Ce qui est inclus : la miniature, les shorts, ou rien de tout ça.
- Les vidéos non envoyées : est-ce qu’elles passent au mois suivant ou non. Décide, et écris-le.
- Le paiement : au début du mois, avant le travail.
- La sortie : combien de temps à l’avance chacun prévient s’il veut arrêter.

Avec ces huit points, ton forfait peut durer longtemps. Et c’est justement là qu’une nouvelle question arrive : comment le faire grandir ?
Faire grandir ton forfait sans parler de hausse
Un forfait bien tenu dure des mois. Mon client à 800 € travaille avec moi depuis plusieurs mois. Mais avec un client que tu as déjà, le prix bouge rarement : il t’a connu à ce prix, et il te voit à ce prix. Pour monter tes tarifs, la piste la plus solide passe par tes prochains clients. J’explique pourquoi dans augmenter tes prix de monteur vidéo.
Par contre, avec un client actuel, tu peux ajouter quelque chose de nouveau : des shorts tirés de ses vidéos, des idées de sujets, des miniatures. Un nouveau service justifie un nouveau niveau de forfait, sans jamais prononcer le mot hausse.
Et c’est quand ce forfait grossit qu’un vrai danger apparaît.
Le jour où un seul client paie tout ton mois
Ce qui suit ne t’arrivera que si tu réussis. Dans quelques mois, un créateur va te proposer un gros forfait, et tu vas avoir envie de lui donner toutes tes semaines. Tu arrêteras de chercher d’autres clients, puisque ton mois sera plein. Maintenant, imagine qu’il réduise son budget, ou qu’il confie ses vidéos à quelqu’un d’autre. Du jour au lendemain, ton mois repart de zéro, et aucun nouveau client n’arrive, parce que tu as arrêté de chercher.
Autant le savoir avant que ce client arrive : une habitude se prend plus facilement quand ton agenda est encore vide. Un gros client est une vitrine, jamais ton seul revenu. Garde plusieurs forfaits, et continue à chercher des clients même quand ton mois est plein : une heure par semaine suffit.
Questions fréquentes
Quel prix pour un forfait mensuel de montage vidéo ?
Mes trois exemples réels : 700 € par mois pour une agence immobilière, 800 € pour 4 vidéos d’un créateur qui vend du coaching, 1 000 € pour une formule sans compter les vidéos. Tu peux t’en servir comme repères. Pour le tien, multiplie ton prix par vidéo par le nombre de vidéos, puis ajoute ce que tu livres autour.
Combien de vidéos mettre dans un forfait ?
Autant que ton créateur en publie. S’il sort une vidéo par semaine, tu en mets 4. S’il n’a aucun rythme, passe à la formule avec un délai de livraison fixé plutôt qu’un nombre de vidéos.
Faut-il un contrat pour un forfait mensuel ?
Il te faut au minimum un écrit accepté par ton client : un devis ou un message qui reprend les huit points. Ce qui protège les deux côtés, c’est que tout soit écrit avant le premier mois.
Que faire si le client envoie plus de vidéos que prévu ?
Les vidéos en plus se paient à ton prix par vidéo, ou tu lui proposes le forfait du dessus. Dis-le-lui dès la première vidéo en trop, pas quand tu fais tes comptes.
Peut-on proposer un forfait quand on débute ?
Oui, dès que tu as livré quelques vidéos dans les délais au même client. Tes tout premiers tarifs, tu peux les caler sur ce que demande un monteur vidéo qui débute. Pour trouver ce premier client régulier, la méthode est dans comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant.
Ton prochain pas
Tu sais construire un forfait mensuel et le proposer sans remise. Ce qui reste à décider, c’est à qui le proposer en premier, et à quel prix. Réserve un appel gratuit avec moi : on regarde ensemble ton client actuel, ou celui que tu vises, et je te dis quel forfait lui proposer. Sans forfait, chaque 1er du mois ressemblera au précédent, avec un compteur à zéro et des devis à envoyer. Avec un ou deux clients au mois, tu ouvres ton agenda le 1er, et ton mois est déjà payé.
Construire mon premier forfait

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





