Tu as envoyé ton devis, ta proposition de prix, et la réponse arrive : c’est trop cher pour lui. Ton ventre se serre. Tu te dis que tu as exagéré, et ton premier réflexe, c’est de proposer moins, tout de suite, pour ne pas le perdre. C’est aussi la pire chose à faire. Quand un client trouve le montage trop cher, il existe une réponse bien plus solide, et tu vas repartir avec, prête à copier.
La réponse courte. Quand un client trouve ton montage trop cher, ne baisse pas ton prix : enlève des choses de ce que tu livres. Propose une version plus légère (sans animations, sans miniature, une vidéo de moins par mois), au même prix pour chaque élément. Puis montre-lui ce que la vidéo peut lui rapporter : pour un coach, une vidéo à 200 vues peut rapporter des milliers d’euros. Et si son budget ne couvre même pas ta version la plus simple, dis non.
Quand un client trouve le montage trop cher, il peut vouloir dire trois choses
Derrière cette phrase se cachent trois situations différentes, et chacune demande sa propre réponse.
Il ne voit pas ce que la vidéo va lui rapporter. Pour lui, un montage est une dépense, pas quelque chose qui lui ramène de l’argent. Ton prix n’est pas le problème : il ne voit pas encore ce qu’il gagne en échange.
Son budget est vraiment plus bas. Il veut travailler avec toi, mais il ne peut pas payer tout ce que tu proposes. Là, tu vas jouer sur ce que tu livres.
Il compare avec un prix vu ailleurs. Un profil sur une plateforme, un monteur qui débute, un ami qui monte le week-end. Ce n’est pas toi qui as fixé un prix délirant : sur les plateformes, des dizaines de monteurs se battent sur le prix, et les clients ont pris l’habitude de regarder le chiffre avant tout le reste. Là, tu vas montrer la différence.
Pour savoir dans quelle situation tu es, pose une seule question avant de répondre quoi que ce soit : « Qu’est-ce qui te paraît trop : le prix total, ou ce qu’il y a dedans ? » Sa réponse te dit laquelle des trois réponses plus bas utiliser. Mais avant de les lire, retiens la règle qui vaut pour les trois.
Ne baisse pas ton prix : allège le panier
Si tu baisses ton prix au premier non, ton client comprend deux choses. D’abord, que ton prix de départ était gonflé. Ensuite, qu’il suffit de discuter pour payer moins. Et à la vidéo suivante, il discutera encore.
Donc tu ne touches pas au prix de chaque élément. Tu enlèves des éléments, comme on retire des articles d’un panier. Voici ce que tu peux retirer sans abîmer la vidéo :
- l’habillage poussé : le motion design (les textes et formes animés), le travail fin du son
- la miniature (l’image qu’on voit avant de cliquer), qu’il peut faire lui-même
- une vidéo par mois, s’il paie un forfait chaque mois
- le délai : une livraison sous dix jours au lieu de cinq
- les shorts tirés de la vidéo longue
Le prix de chaque élément ne bouge pas : c’est le panier qui rétrécit. Ton client garde le choix, et toi, tu gardes ce que tu gagnes pour chaque heure de travail. Pour savoir combien pèse chaque élément, regarde ce qui fait le prix du montage d’une vidéo YouTube.
Avec cette règle en tête, tu peux répondre aux trois situations, avec des phrases prêtes à envoyer.
Trois réponses à copier quand c’est « trop cher »
La version allégée, quand son budget est vraiment plus bas :
Je comprends. Pour rester dans ton budget, je te propose une version plus légère : le montage, sans motion design ni miniature, livré sous 7 jours. Elle est à [prix]. Si tu veux ajouter la miniature plus tard, on le fera.
La question qui montre ce que rapporte la vidéo, quand il ne voit pas ce qu’il gagne :
Avant qu’on parle du prix, dis-moi une chose : qu’est-ce que cette vidéo doit te rapporter ? Si elle t’amène un seul client pour ton coaching, combien ça représente pour toi ?
Le non poli, quand même la version allégée dépasse son budget :
Je préfère être honnête : en dessous de [prix], je ne peux pas te livrer une vidéo au niveau dont ta chaîne a besoin. Si ton budget évolue, je serai content d’en reparler.
Regarde ce qu’aucune de ces réponses ne contient : une remise, une excuse, un « je peux faire un effort ». Tu restes calme, tu proposes, et c’est lui qui choisit.
La deuxième réponse est la plus forte, à condition de savoir quoi dire quand il y répond.
Montrer au client ce que la vidéo lui rapporte
Prends un coach qui vend son accompagnement plusieurs milliers d’euros. Sa chaîne peut être minuscule : une vidéo à 200 vues peut lui rapporter des milliers d’euros, parce qu’il suffit d’un seul spectateur qui achète. Une seule vente lui paie plusieurs mois de montage.
Une de mes clientes forme au maquillage. Elle organise deux sessions par mois, à 3 000 € par personne, et elle n’a même pas de chaîne YouTube. Pour elle, le prix d’une vidéo se compare au prix d’une place dans sa session, pas au prix d’un monteur sur une plateforme. Ton futur client, lui aussi, compare ton prix à quelque chose. C’est à toi de lui donner le bon point de comparaison.
Attention : tu ne promets ni ventes ni vues. Tu ne décides pas de ce que le client fera de sa vidéo. Tu montres simplement l’ordre de grandeur, et c’est lui qui fait le calcul. Pour voir ce que les créateurs paient vraiment selon les formats, lis combien coûte un monteur vidéo, vu des deux côtés.

Cet argument a une limite : il ne marche qu’avec un client qui vend quelque chose. Un créateur dont la vidéo ne rapporte rien ne pourra jamais te payer correctement, quelle que soit ta réponse. C’est pour ça que le choix du client compte plus que ta réponse à son refus. La méthode pour trouver ceux qui vendent est dans comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant.
Et le mieux, c’est encore de ne jamais entendre cette phrase.
Un devis qui évite le « trop cher » avant qu’il arrive
La réponse la plus solide, c’est un devis qui ne la provoque pas. Un devis, c’est le document où tu écris ce que tu livres et à quel prix, avant de commencer.
Propose trois options, pas un prix. Ta version allégée existe déjà dans ta proposition : c’est ton niveau le plus simple. Le client choisit, il ne négocie pas.
Écris ce qui est inclus. La durée finale, la quantité de rushs (tout ce que le client a filmé), l’habillage, deux allers-retours (deux séries de corrections). Un prix sans contenu se discute. Un prix avec son contenu se compare à ce contenu.
Ne chiffre jamais à la minute. Un prix à la minute invite à négocier chaque minute, et il ne dit rien de ton vrai travail. Le raisonnement complet est dans pourquoi chiffrer un montage à la minute te dessert.
Même avec un devis parfait, certains clients resteront loin de ton prix. Pour eux, il existe une autre réponse.
Quand dire non
Parfois, la bonne réponse, c’est non. Il m’arrive, certaines semaines, de dire non à des créateurs. Et toi aussi, tu as le droit de refuser :
- Quand son budget reste sous ta version la plus simple, même après avoir retiré tout ce qui pouvait l’être.
- Quand il veut un deuxième montage gratuit avant de décider. Tu offres une fois. La deuxième, tu la factures. Continuer d’offrir, c’est passer de monteur à bénévole.
- Quand il veut payer moins et recevoir plus vite, dans la même phrase. Ce client-là discutera chaque vidéo.
Et si tu acceptes quand même un client au budget serré, protège-toi au moins sur le paiement : un acompte (une partie du prix payée avant de commencer), des conditions écrites, et le fichier final envoyé après le paiement. Tout est dans comment te faire payer quand tu es monteur vidéo freelance.
Et si ta réponse marche, garde un œil sur la suite.
La version légère qui reprend du poids
Voilà un risque qui ne guette que les monteurs qui ont bien répondu. Disons que dans quinze jours, ta réponse marche : il accepte la version sans miniature. Tu es content, tu as gardé ton prix. Sauf qu’à la vidéo suivante, il te demande juste la miniature, vite fait. Puis juste un petit habillage sur l’intro. Trois vidéos plus tard, tu livres la version complète au prix de la version légère, et personne n’a rien négocié.
Ce glissement se fait sans bruit, et on ne le remarque qu’au moment de compter : c’est pour ça que je t’en parle avant. Ta protection : écris dans ton devis ce que contient la version choisie, et donne un prix à chaque ajout, au moment où il est demandé, avec le sourire : « Avec plaisir, la miniature est à [prix], je l’ajoute à la facture ? »
Questions fréquentes
Faut-il accorder une réduction à un premier client ?
Non. Si tu veux faire un geste pour commencer, offre un cadeau, une seule fois : un short tiré de sa vidéo, par exemple. Une réduction, elle, devient le prix de référence pour toutes les vidéos suivantes.
Comment répondre à « c’est trop cher » par message ?
D’abord une question, pour savoir si c’est le budget, ce que rapporte la vidéo, ou une comparaison. Puis, selon sa réponse, une version allégée ou un rappel de ce que la vidéo peut lui rapporter. Jamais une remise dans la foulée.
Combien un créateur est-il prêt à payer pour un montage ?
Ça dépend de ce que la vidéo lui rapporte. Mes repères : 25 à 45 € pour un short, 200 à 1 500 € pour une vidéo YouTube. Si tu débutes et que tu doutes de ton prix, vérifie-le avec mes repères de tarif pour monteur vidéo débutant.
Et si le client a trouvé un monteur à un prix plus bas ?
Laisse-le partir si le prix est la seule chose qui compte pour lui. Tu ne gagneras jamais une course au prix le plus bas, et tu n’en as pas besoin : d’autres clients choisissent un monteur qui comprend leur chaîne.
Quand faut-il baisser son prix ?
Jamais pour le même travail. Tu retires un élément, ou tu vas chercher un autre client. Si tu pars de zéro et que tu veux poser des bases solides, commence par les 5 étapes pour devenir monteur vidéo.
Ton prochain pas
Tu sais quoi répondre quand un client trouve ton montage trop cher. Le plus dur, c’est d’avoir ta version légère et ta phrase prêtes avant le prochain devis, pas pendant que ton cœur bat. Cale un appel gratuit avec moi : raconte-moi la dernière fois qu’un client a refusé ton prix, et on prépare ta réponse ensemble. La prochaine fois que tu entendras cette phrase, tu ne paniqueras pas. Tu proposeras une version, calmement, et c’est le client qui choisira.

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





