Trouver des clients sur LinkedIn quand on est monteur vidéo

Théo Bayoux, regard attentif par-dessus l'épaule

Tu aimes monter, mais l’idée de te mettre en avant sur un réseau social te donne envie de fermer l’application. Poster ta tête, raconter ta vie, compter les likes : très peu pour toi. Un débutant m’a expliqué ça en appel, avec ses mots : « J’aime bien le côté neutre du monteur vidéo et pas le côté influenceur à se montrer. » Si tu penses pareil, voici une bonne nouvelle : pour trouver des clients sur LinkedIn, tu n’as pas besoin de devenir influenceur. Tu vas voir qui chercher, quoi mettre sur ton profil, et quel message envoyer pour qu’on te réponde.

La réponse courte. Sur LinkedIn, vise quatre types de clients : les formateurs, les coachs qui vendent aux entreprises, les agences de communication, et les entreprises qui publient déjà des vidéos. Prépare un profil qui dit pour qui tu montes (ta photo, un titre précis, deux ou trois vidéos mises en avant), puis écris-leur un message court avec un cadeau : un extrait de leur propre vidéo, remonté et sous-titré. Pas besoin de publier tous les jours.

Pourquoi LinkedIn marche pour trouver des clients de montage

Sur LinkedIn, tes futurs clients ne sont pas des créateurs qui cherchent des vues. Ce sont des gens dont la vidéo sert à vendre : une formation, un accompagnement, un service, souvent à d’autres entreprises. Pour eux, une vidéo bien montée, c’est un appel de plus dans l’agenda, et souvent un client de plus.

Un de mes clients est une agence immobilière. Elle me paie 700 € par mois. Elle a compris qu’elle avait besoin de vidéo, et elle a décidé de la confier à quelqu’un plutôt que de s’en occuper elle-même.

Beaucoup d’autres le savent, mais n’ont pas encore sauté le pas. Hassen, qui a quitté la boulangerie pour le montage, a fait du porte-à-porte dans les agences immobilières. Ce qu’il y a entendu résume bien la situation : « Tous les directeurs d’agence me disent : il faut qu’on s’y mette, mais personne ne le fait. » Le besoin est là. Il manque quelqu’un pour s’en occuper.

Voici ce que je vois arriver. Ces entreprises qui disent « il faut qu’on s’y mette » vont s’y mettre, les unes après les autres. Ce jour-là, elles appelleront d’abord le monteur qu’elles connaissent déjà. Donc ton travail, dès aujourd’hui, c’est d’être ce monteur-là : visible sur LinkedIn, facile à joindre, et déjà passé leur dire bonjour avec un cadeau. Pour ça, il faut d’abord savoir qui chercher.

Les quatre cibles à chercher sur LinkedIn

CiblePourquoi elle a besoin de toiLe signe qui la trahit
Formateurs en présentielSouvent absents de YouTube, donc démarchés par personneIls publient des extraits de leurs sessions
Coachs qui vendent aux entreprisesLeur vidéo remplit leur agendaDes vidéos face caméra, longues, peu montées
Agences de communicationElles vendent plus de vidéos qu’elles n’ont de monteursDes offres « vidéo » sur leur page
Entreprises qui publient déjà des vidéosElles ont des rushs et un budgetWebinaires, témoignages clients, vidéos de recrutement

Un formateur en présentiel donne ses cours dans une vraie salle. Un webinaire, c’est une conférence filmée et diffusée en ligne. Et les rushs, ce sont les images brutes, avant le montage.

Pour trouver ces gens, tape un mot dans la recherche (« formateur », « coach », ou le secteur que tu connais) et regarde qui publie des vidéos. Une entreprise qui a posté un webinaire d’une heure sans jamais en sortir un seul extrait, c’est un trou que tu peux boucher.

Les entreprises qui font déjà de la pub vidéo sont un cas à part, avec leurs propres règles : je les explique dans l’article sur le montage de pubs vidéo Facebook et Instagram. Et si tu connais bien le monde des boutiques en ligne, regarde aussi le montage UGC, un type de vidéo dont les marques ont besoin tout le temps.

Tu sais qui chercher. Mais avant de lui écrire, il va regarder qui tu es.

Ton profil LinkedIn : une vitrine, pas un CV

Avant de te répondre, ton futur client va ouvrir ton profil. En cinq secondes, il doit comprendre ce que tu fais, et pour qui.

Ta photo, ton visage. Sur LinkedIn plus qu’ailleurs, les gens veulent savoir à qui ils parlent avant de répondre.

Un titre qui parle de tes clients. Pas « Monteur vidéo freelance | Premiere Pro | After Effects ». Plutôt : « Je monte les vidéos des formateurs et des coachs qui vendent aux entreprises ».

Deux ou trois vidéos mises en avant, en haut du profil. Dans le format de ta cible : des extraits sous-titrés, carrés ou verticaux, courts.

Un résumé qui rassure. Pour qui tu travailles, ce que tu livres, ton délai, deux allers-retours inclus (deux séries de corrections). Et comment te joindre.

Gros plan sur Théo Bayoux, regard attentif
Ton profil rassure avant même qu’on ait vu ton premier montage.

Une vidéo de présentation de 40 secondes. Un trépied à 15 €, ton téléphone, et tu expliques face caméra ce que tu fais et pour qui. Tu peux la mettre en avant sur ton profil et la joindre à tes messages. Les autres monteurs ne le font pas, parce qu’ils n’osent pas. Toi qui préfères rester dans l’ombre, tu n’as à le faire qu’une seule fois.

Ton profil est prêt. Reste une question qui fait souvent reculer : faut-il publier ?

Ton contenu : le strict minimum qui marche

Tu n’as pas besoin de publier tous les jours. Une publication de temps en temps, quand tu as quelque chose à montrer, suffit : un avant/après (avec l’accord du client), l’analyse d’une vidéo d’entreprise qui marche, une astuce de montage en trente secondes.

Le but n’est pas de devenir influenceur. C’est de changer de place. Au lieu d’aller pêcher tes clients un par un, tu fais en sorte que ce soient eux qui aient envie de venir te pêcher. Un client possible qui tombe sur une de tes publications avant ton message te lit autrement.

Mais tes premiers clients, eux, viendront surtout de tes messages.

Le message pour trouver des clients sur LinkedIn : un extrait de sa vidéo, offert

Sur LinkedIn comme ailleurs, un message qui demande quelque chose s’ignore facilement. Envoie un cadeau. Je donne trois modèles dans l’article sur le message de prospection pour monteur vidéo. Voici la version LinkedIn.

Bonjour [prénom],

J’ai regardé ton webinaire sur [sujet]. Le passage à [minute], sur [idée], mérite d’être vu par plus de monde.

Je l’ai monté en extrait de 45 secondes, sous-titré, prêt à publier : [lien]

Il est à toi, tu peux le poster tel quel.

Je monte les vidéos de formateurs et de coachs qui vendent aux entreprises. Si tu veux en faire une habitude, je te propose une formule simple.

[Prénom]

Si la personne vouvoie dans ses publications, fais comme elle : calque-toi sur son ton.

L’exercice de la semaine. Trouve trois entreprises ou formateurs de ta région qui ont publié une vidéo longue ce mois-ci. Pour chacun, repère le meilleur passage de 45 secondes, monte-le, ajoute des sous-titres, et envoie le message ci-dessus. Trois cadeaux, trois messages, une semaine. C’est la méthode du cadeau pour trouver des clients, adaptée aux entreprises.

Quand une entreprise signe, cadre tout de suite

Garde une chose en tête pour le jour où une entreprise te dit oui. Dans quelques semaines, une de tes vidéos offertes arrive sur le bon bureau, et l’entreprise te confie ses vidéos. Tu es tellement content que tu ne poses aucune limite.

Sauf que dans une entreprise, une vidéo passe souvent entre plusieurs mains : la personne qui t’a choisi, son chef, parfois la direction. Chacun a « juste une petite modif ». Si rien n’est cadré, ta vidéo à prix fixe devient un chantier qui ne finit jamais.

Je t’en parle maintenant, parce qu’une fois le travail commencé, c’est beaucoup plus dur de poser des règles. Envoie un devis clair dès le départ (le document qui dit ce que tu fais et pour quel prix) : le prix de la vidéo, le délai, et deux allers-retours inclus, annoncés dès ton premier message de proposition. Les corrections en plus sont payantes. Et le paiement se fait au début du mois, pas des semaines après la livraison. Une entreprise sérieuse respecte un cadre posé dès le départ. C’est même ce qui la rassure.

Questions fréquentes

Faut-il un abonnement payant LinkedIn pour trouver des clients ?

Pas pour commencer. Un profil soigné, une recherche par mot et des messages avec un cadeau suffisent largement.

Faut-il tutoyer ou vouvoyer sur LinkedIn ?

Calque-toi sur la personne à qui tu écris. Si elle tutoie dans ses publications, tutoie. Une entreprise plus traditionnelle préférera le vouvoiement.

Combien facturer une entreprise pour du montage vidéo ?

Mes repères : entre 200 et 1 500 € la vidéo, selon la durée, les rushs et l’habillage, ou un forfait mensuel, comme l’agence immobilière dont je parlais plus haut. J’ai mis mes prix ligne par ligne dans les tarifs d’un monteur vidéo qui se lance.

Faut-il publier tous les jours sur LinkedIn ?

Non. Une publication de temps en temps, qui montre ton travail, suffit. Tes premiers clients viendront surtout de tes messages, pas de tes publications.

LinkedIn ou Instagram pour un monteur vidéo ?

LinkedIn si tes clients vendent à des entreprises, Instagram s’ils vendent à des particuliers. Commence par celui qui correspond à ta cible, et tiens-le un mois.

Ton prochain pas

Tu peux attendre que les entreprises de ta région « s’y mettent » enfin, et découvrir qu’elles ont appelé quelqu’un d’autre. Ou tu peux être celui qui leur a déjà envoyé un extrait de leur propre webinaire, et dont elles se souviennent. Le profil et le premier message, c’est souvent là qu’on bloque. Réserve un appel gratuit : on regarde ton profil ensemble, et on prépare ton premier message. Et tu n’auras jamais eu besoin de devenir influenceur pour signer ton premier client sur LinkedIn.

Préparer mon premier message LinkedIn

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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