Montage UGC : comment monter des vidéos UGC qui vendent (et à qui les proposer)

Théo Bayoux de profil, souriant

Tu l’as forcément vue passer : une personne face à son téléphone, dans sa cuisine ou sa salle de bain, qui tient un produit et explique pourquoi elle l’utilise. Tu te demandes si le montage UGC pourrait être ta porte d’entrée, sauf que tu n’as aucune marque dans tes contacts et presque rien à présenter. Alors une question te bloque : pourquoi une entreprise te ferait-elle confiance, alors que tu n’as encore travaillé pour personne ? Ce naturel que tu vois à l’écran, quelqu’un l’a monté, et la personne qui filme n’est pas toujours celle qui sait couper, rythmer et décliner la vidéo. Celle-là, ça peut être toi, et tu sauras d’ici la fin à qui proposer ce travail, et à quel prix.

La réponse courte. L’UGC (user-generated content, du « contenu créé par des utilisateurs »), ce sont des vidéos filmées au téléphone par des créateurs, que les marques utilisent pour vendre, souvent en publicité. Le monteur UGC donne le rythme, ajoute les sous-titres et décline plusieurs accroches à partir du même tournage, sans casser l’aspect naturel. Tes clients : les marques qui vendent en ligne et les créateurs UGC qui filment bien mais ne montent pas. Comme repère de prix, prends celui d’un short : 25 à 45 €.

Ce doute de ne rien avoir à montrer, je l’entends souvent en appel. Rien que dans mon groupe, les membres ont déjà reçu plus de 2 000 shorts publicitaires à monter : ces formats courts qui servent à vendre, c’est un marché bien réel. Et toi, tu n’as pas besoin d’un long passé pour y entrer : tu as besoin de comprendre ce qu’est vraiment une vidéo UGC.

Le montage UGC, c’est quoi exactement

Au départ, l’UGC désignait tout contenu publié spontanément par des utilisateurs : un avis filmé, un déballage, un tuto filmé chez soi. Aujourd’hui, le mot désigne surtout un format : une marque paie un créateur pour filmer une vidéo qui ressemble à celle d’un client content. Ensuite, la marque publie cette vidéo sur ses réseaux, ou la diffuse en publicité.

Pourquoi les marques adorent ce format ? Parce qu’il ne ressemble pas à une pub. Le spectateur voit une personne comme lui, chez elle, qui parle d’un produit. Il a moins l’impression qu’on cherche à lui vendre quelque chose.

C’est une partie de ce que j’appelle le marché parallèle : des millions de gens vendent en ligne, dont des créateurs e-commerce (ceux qui vendent des produits sur Internet), et ils ont besoin de vidéos, tout le temps. Une vidéo UGC a l’air faite sans effort. C’est justement là que tu entres en scène.

Le vrai rôle du monteur UGC

Une vidéo UGC a l’air simple. Ce qui la rend simple à regarder, c’est le montage.

Le rythme. Tu coupes les silences, les hésitations, les phrases qui repartent. Sauf que tu ne dois pas aller trop loin : si tu enlèves chaque respiration, la personne parle comme un robot, et le naturel disparaît.

Les sous-titres. Lisibles, bien placés, avec les mots importants mis en valeur. Pense à celui qui regarde sans le son : sans sous-titres, ta vidéo ne lui dit rien.

Les plans produit. Pendant que la personne parle, tu glisses des images du produit en action : le flacon qui s’ouvre, l’application à l’écran, le résultat. C’est la preuve, à l’image.

Les variations d’accroche. C’est là que tu deviens indispensable. L’accroche, ce sont les premières secondes qui donnent envie de rester. À partir d’un seul tournage, tu montes plusieurs débuts différents, pour que ton client teste quelle version vend le mieux.

Une vidéo UGC doit rapporter des ventes. Chaque coupe se juge à ça, pas à l’effet qu’elle fait.

Théo Bayoux souriant face à l'objectif, mains jointes, la mer derrière lui
Une vidéo UGC se juge aux ventes, pas aux effets.

Concrètement, voici comment ça se passe, du premier rush à la troisième version.

Monter une vidéo UGC, étape par étape

1. Le dérush. Trier les rushs, les images brutes, prend souvent la moitié du temps de montage, alors fais-le avec méthode. Repère chaque prise de l’accroche, les meilleures phrases, les plans produit utilisables.

2. Le choix de l’accroche. La phrase qui arrête le pouce : une question, un problème, une réaction. Pas « Salut, aujourd’hui on va parler de… ».

3. Le corps. Un enchaînement simple : le problème, le produit en action, la preuve, l’appel à l’action (la phrase qui dit quoi faire, comme acheter ou cliquer). Une seule idée par phrase.

4. Le nettoyage. Les silences, les « euh », les phrases dites deux fois. Avec mesure.

5. L’habillage. Les plans produit, les sous-titres, une musique discrète si la marque le souhaite.

6. Les variations. Tu gardes le corps et tu changes l’accroche. Trois accroches, c’est trois vidéos à tester.

L’exercice, chronomètre en main. Pas de client ? Filme-toi au téléphone en parlant d’un produit que tu utilises vraiment, avec trois débuts différents. Lance un minuteur d’une heure : monte une version complète, puis déclines-en deux autres avec les autres accroches. Quand le minuteur sonne, tu exportes. Tu as trois vidéos UGC, et le début de ton portfolio, ce dossier qui montre ce que tu sais faire. Pour savoir comment le présenter, lis ce que doit contenir un portfolio de monteur vidéo.

Et ne bloque pas sur ce portfolio. Hassen, qui a passé quinze ans en boulangerie avant de monter des vidéos, est allé frapper à la porte d’agences immobilières, et il le raconte simplement : « À aucun moment ils ont voulu voir un portfolio. » Ce qui ouvre la porte, c’est une vidéo faite pour la personne en face. Reste à savoir qui est cette personne.

À qui proposer tes montages UGC

Les marques e-commerce. Surtout celles qui font déjà de la pub vidéo, parce qu’elles ont besoin de nouvelles versions en continu. Commence par des boutiques en ligne de taille moyenne, qui n’ont pas encore toute une équipe autour d’elles.

Les créateurs UGC qui ne savent pas monter. Certains filment très bien, et c’est pour ça que les marques les paient. Sauf que le montage leur prend du temps, ou ce n’est pas leur métier. Toi, tu peux devenir leur monteur, et ils peuvent te confier plusieurs marques à la fois.

Les agences. Certaines agences produisent de l’UGC pour plusieurs marques et cherchent des monteurs pour suivre le volume. Pour savoir comment leur écrire, lis comment travailler avec une agence quand on est monteur.

Pour le premier contact, la règle reste la même : un cadeau, pas une demande. C’est la méthode du cadeau pour trouver des clients. Voici la version pour un créateur UGC :

Salut [prénom], j’ai vu ta vidéo pour [marque], tu as un vrai naturel face caméra. Je t’ai remonté une version avec une accroche plus directe et des sous-titres, pour te montrer : [lien]. Si le montage te prend du temps, je peux m’en occuper pour toutes tes marques. Je te fais une proposition simple par vidéo.

Pour d’autres versions (en privé, par email, avec une vidéo offerte), lis trois modèles de message de prospection pour monteur vidéo. Et le jour où on te répond, la question du prix arrive tout de suite.

Combien facturer un montage UGC

Prends comme repère le prix d’un short : un short monté à partir des rushs du client, je le facture entre 25 et 45 €. Et dans mon groupe, un short publicitaire rapporte 20 à 40 € au membre qui le monte, ce qui te donne un ordre de grandeur pour une vidéo UGC simple.

Ensuite, deux choses font bouger ton prix : la quantité de rushs à trier, et le nombre de variations demandées. Annonce dès le départ ce qui est inclus : une vidéo, un nombre d’accroches, deux allers-retours, donc deux tours de corrections demandées par le client. Tous les autres prix, format par format, t’attendent dans les tarifs de montage pour un monteur débutant.

Un prix clair au départ te protège d’un piège qui n’arrive qu’une fois que la marque est contente.

Quand la marque en redemande : le piège des variations offertes

Ce piège arrive au moment où tu crois avoir gagné. Ta première vidéo plaît à ton client, et c’est une vraie bonne nouvelle. Dans la foulée, on te demande de « juste changer l’accroche ». Puis une autre. Puis une version plus courte, une sans musique, une avec un autre texte à l’écran. Chaque fois, ça paraît petit.

Sauf que chaque variation, c’est une prise à choisir, un export, des sous-titres à recaler, une vérification. Si tu les offres, ce que tu gagnes par vidéo fond, et ce que tu gagnes pour une heure de travail aussi.

Je te le signale avant ta première commande, parce que cette marque contente, tu vas l’avoir, et je veux que ce succès te paie. Dans ton devis, ce document qui fixe le prix avant de commencer, écris ce qu’est une vidéo : une version, avec un nombre d’accroches défini et deux allers-retours. Les variations en plus se vendent en lot. Une marque qui teste ses pubs comprend très bien ça, et c’est même toi qui l’aides à tester mieux.

Questions fréquentes

C’est quoi un monteur UGC ?

C’est le monteur qui transforme les images filmées au téléphone par un créateur en vidéos prêtes à publier ou à diffuser en pub : rythme, sous-titres, plans produit et variations d’accroche.

Combien facturer le montage d’une vidéo UGC ?

Prends le prix d’un short comme repère : 25 à 45 € quand tu débutes. Les variations supplémentaires se facturent en plus, en lot.

Faut-il être créateur UGC pour monter de l’UGC ?

Non. Certains créateurs UGC filment très bien mais ne montent pas. Tu peux être la personne qui monte pour eux, ou directement pour les marques.

Quel logiciel pour monter des vidéos UGC ?

Celui que tu maîtrises. Techniquement, le format est simple : ce qui compte, c’est ton sens du rythme et de l’accroche, pas le logiciel.

Comment se faire un portfolio UGC sans client ?

Filme-toi avec un produit que tu utilises, monte trois accroches différentes, et présente le résultat honnêtement comme un exercice. Trois vidéos dans le bon format valent mieux qu’une longue compilation de tes montages.

Ton prochain pas

Tu sais ce qu’est l’UGC, comment le monter, et à qui le proposer. Tu peux attendre d’avoir un portfolio parfait, et voir ces vidéos défiler sans toi pendant encore des mois. Ou tu montes tes trois accroches cette semaine, tu en offres une à un créateur, et c’est toi qui reçois la prochaine vidéo à monter. Réserve ton appel gratuit : on choisit ensemble à qui proposer ton premier montage UGC, et ce que tu lui envoies. Dans le groupe, tu avances avec une centaine de membres et deux appels de groupe chaque semaine. Tu arrives les mains vides, tu repars avec ta première cible et le texte pour lui écrire.

Choisir ma première cible UGC

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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