Tu cherches tes premiers clients, et comme presque tous les débutants, tu penses d’abord aux chaînes YouTube. Pourtant, chaque soir, des pubs vidéo défilent dans ton propre fil Facebook et Instagram, et tu ne t’es jamais demandé qui les monte. Il y a aussi autre chose qui te freine : l’idée d’écrire à un inconnu pour le convaincre d’acheter de la vidéo te noue le ventre. Un futur monteur me l’a dit en appel : « L’aspect prospection, c’est vraiment ce qui me fait peur dans le montage. » Avec les annonceurs, une bonne partie de cette peur tombe, pour une raison toute simple.
La réponse courte. Monter des pubs vidéo pour Facebook et Instagram, c’est travailler pour des annonceurs qui paient déjà pour de la vidéo. Mes repères : dans mon groupe, les shorts publicitaires sont payés 20 à 40 € l’unité, et une journée de montage de pubs se facture entre 200 et 600 €. Une bonne pub tient en trois blocs (une accroche, une preuve, un appel à l’action) et se décline en plusieurs versions.
Une journée de montage de publicités, je la facture entre 200 et 600 €. Ce qui change tout, c’est qu’en face, le client n’est pas le même qu’un YouTubeur. Un annonceur, c’est-à-dire quelqu’un qui paie pour diffuser sa pub, a déjà un budget, il le dépense déjà en vidéo, et chaque pub est directement liée à ses ventes. Et toi, tu n’as pas à le convaincre qu’il a besoin de vidéo : il l’a déjà décidé. Si tu n’y avais jamais pensé, ce n’est pas ta faute. Les conseils pour débutants t’envoient presque tous vers les mêmes chaînes YouTube, et tu finis par pêcher là où tous les monteurs pêchent.
Pourquoi le montage vidéo de pub Facebook est le marché le plus sous-estimé
Quand tu démarches un créateur, une partie du travail consiste à le convaincre qu’il a besoin de vidéo. Avec un annonceur, cette étape n’existe pas. Chaque pub sponsorisée que tu vois, c’est quelqu’un qui a déjà sorti sa carte bancaire.
Et il ne lui faut pas une vidéo, il lui en faut plusieurs. Une pub s’use à force d’être vue, et pour savoir quelle version vend le mieux, un annonceur doit en tester plusieurs. Ce besoin de volume, c’est exactement ce qu’il te faut quand tu débutes : des commandes régulières et courtes, sur lesquelles tu progresses vite.
Je le vois dans mon groupe, où des créateurs m’envoient des vidéos que je confie ensuite aux membres. Les shorts publicitaires y sont payés 20 à 40 € pièce, et il y en a déjà eu plus de 2 000. Beaucoup de membres y facturent pour la toute première fois.

Voici ce que je vois arriver. Les monteurs vont continuer à se battre pour les mêmes chaînes YouTube, pendant que des millions de gens qui vendent en ligne, coachs, formateurs, e-commerçants, chercheront quelqu’un pour monter leurs pubs. Donc, dès aujourd’hui, ouvre la bibliothèque publicitaire de Meta (le site où Meta montre les pubs en cours) avant d’ouvrir YouTube. Sauf que pour qu’un annonceur te garde, il faut d’abord savoir ce qui fait une bonne pub.
Ce qui fait une bonne pub : accroche, preuve, appel à l’action
Une pub vidéo n’est pas une petite vidéo YouTube. Elle a un seul but : que la personne qui la regarde fasse quelque chose. Elle tient en trois blocs.
| Bloc | Son rôle | Ce que tu fais au montage |
|---|---|---|
| L’accroche | Arrêter le pouce qui fait défiler | Tu ouvres sur la phrase ou l’image la plus forte, sans intro, sans logo qui traîne |
| La preuve | Rendre la promesse crédible | Tu montres le produit en action, un résultat, un avant/après, un vrai client de l’annonceur |
| L’appel à l’action | Dire quoi faire maintenant | Une seule action, claire, écrite à l’écran et dite à voix haute |
L’accroche se joue dans les premières secondes. Si le spectateur ne s’arrête pas, le reste n’existe pas. C’est souvent là que ton travail compte le plus, parce que dans les rushs (les images brutes), la meilleure phrase arrive rarement en premier.
La preuve, c’est ce qui sépare une pub d’une promesse en l’air. Ton travail, c’est de la rendre visible : un gros plan sur le produit qui fonctionne, un chiffre de l’annonceur affiché à l’écran, un client qui parle.
L’appel à l’action est la phrase qui dit quoi faire : acheter, s’inscrire, cliquer. C’est le bloc le plus oublié, et une pub qui plaît sans dire quoi faire ne vend rien.
Une bonne pub, c’est bien. Plusieurs versions de la même pub, c’est là que se fait ton volume.
Les formats et les variations : là où se fait le volume
Avant de monter, demande à l’annonceur où sa pub va tourner : dans les Reels et les Stories, en plein écran vertical, ou dans le fil. Livre-lui les versions dont il a besoin, pas une de plus. Et sous-titre tout, en pensant à celui qui regarde sans le son, dans le métro ou au bureau.
Ensuite viennent les variations. Le principe : tu gardes la preuve et l’appel à l’action, et tu changes l’accroche. Trois accroches différentes, deux durées, et un seul tournage devient six pubs. C’est ce que l’annonceur va tester, et c’est ce qui remplit ton carnet de commandes.
Ce travail de variations, c’est le cœur du montage de vidéos UGC, où les marques qui vendent en ligne ont besoin de ces versions en permanence. J’y détaille la façon de monter plusieurs accroches à partir d’un même rush.
Pour le prix, deux logiques. À l’unité, en partant des repères du groupe (20 à 40 € le short publicitaire) ou de ceux d’un short classique (25 à 45 €). À la journée, entre 200 et 600 €, quand l’annonceur a beaucoup de variations à produire. Facture à la pub ou à la journée, jamais à l’heure. Le détail de mes prix est dans combien facturer un montage quand on débute.
Reste à trouver ces annonceurs. Bonne nouvelle : ils sont tous rangés au même endroit.
Où trouver des clients pour le montage vidéo de pub Facebook et Instagram
La bibliothèque publicitaire de Meta. Gratuite et publique, elle montre les pubs en cours sur Facebook et Instagram. C’est ta liste de prospects, déjà triée : uniquement des gens qui paient déjà pour être vus.
L’exercice à faire ce soir. Ouvre la bibliothèque publicitaire, choisis ton pays, tape un mot-clé de ta niche (« formation », « coaching », « cosmétique », « fitness »). Note cinq annonceurs qui n’ont qu’une ou deux vidéos actives, ou des vidéos sans sous-titres. Ce sont tes cinq premiers prospects.
Les e-commerçants, coachs et formateurs qui font de la pub sont souvent les plus simples à aborder, parce qu’ils décident eux-mêmes, sans réunion ni comité.
Les agences qui gèrent les pubs de leurs clients ont souvent plus de vidéos à produire que de monteurs. La façon de les approcher est dans l’article pour travailler avec une agence de montage vidéo.
Pour le premier contact, applique la méthode du cadeau : prends une pub qu’il fait déjà tourner, monte-lui trois nouvelles accroches, et envoie-les. Tu n’as plus rien à demander, tu as quelque chose à donner.
Salut [prénom], j’ai vu ta pub pour [produit]. Je t’ai monté trois accroches différentes à partir de la même vidéo, pour que tu puisses les tester : [lien]. Elles sont à toi. Si tu veux un rythme régulier de variations, je te fais une proposition simple.
Pas de réponse au bout de quelques jours ? C’est normal. Suis le calendrier de l’article sur la relance d’un créateur.
Plus tu deviens bon, plus tu risques d’en faire trop
Ce risque ne touche pas les débutants. Il touche ceux qui progressent. Dans quelques mois, tu maîtriseras des effets que tu ne connais même pas aujourd’hui, et tu auras envie de les montrer, surtout à un annonceur qui paie bien : des textes animés partout, des transitions à chaque coupe, des bruitages sur chaque mot.
Résultat : le spectateur ne sait plus où regarder, et l’accroche se perd au milieu du décor. Hassen, ancien boulanger devenu monteur, a entendu un client le lui dire sans détour : « Je m’en fous de tes 18 overlays, construis-moi l’histoire. » Les overlays, ce sont tous ces éléments posés par-dessus l’image.
Je te préviens dès aujourd’hui parce que ce niveau-là, tu vas l’atteindre, et je veux qu’il te rapporte plus de commandes, pas moins. Sur une pub, ta valeur, ce n’est pas ce que tu ajoutes. C’est ce que tu enlèves pour que l’accroche, la preuve et l’appel à l’action passent en premier. Garde tes effets pour les moments où ils servent l’histoire.
Questions fréquentes
Combien coûte le montage d’une pub vidéo Facebook ?
Mes repères : dans mon groupe, les shorts publicitaires sont payés 20 à 40 € l’unité, et une journée de montage de pubs se facture entre 200 et 600 €. Le prix dépend du nombre de variations et de la quantité de rushs.
Faut-il savoir gérer des campagnes publicitaires pour monter des pubs ?
Non. Toi, tu montes. La diffusion, c’est le travail de l’annonceur ou de son agence. Par contre, comprendre pourquoi il teste plusieurs versions t’aide à lui proposer les bonnes.
Quelle durée pour une pub vidéo sur Instagram ?
Aussi courte que le message le permet. Demande à l’annonceur où elle va tourner, et propose deux durées de la même pub : c’est déjà une variation.
Peut-on promettre des ventes à un annonceur ?
Non. Les ventes dépendent de son produit, de son prix et de la façon dont il diffuse sa pub. Engage-toi sur ce qui dépend de toi : des pubs livrées à temps, propres, et plusieurs accroches à tester.
Quelle différence entre une pub vidéo et une vidéo UGC ?
L’UGC est un style de pub : une personne filmée au téléphone, qui parle du produit comme quelqu’un qui l’utilise. Toutes les pubs ne sont pas de l’UGC, mais c’est un format très utilisé par les marques qui vendent en ligne.
Ton prochain pas
Tu sais désormais pourquoi les annonceurs sont le marché le plus sous-estimé, et ce qu’ils attendent de toi. Deux chemins s’ouvrent. Tu peux continuer à écrire aux mêmes chaînes YouTube que tout le monde, et attendre une réponse qui ne vient pas. Ou tu ouvres la bibliothèque publicitaire ce soir, tu choisis cinq annonceurs, et dans quelques semaines, c’est toi qui livres des variations à un client qui paie déjà pour ses pubs. Réserve ton appel gratuit : on regarde ta niche ensemble, et je te dis quel type d’annonceur démarcher et quoi lui proposer. Et tu ne seras pas seul pour te lancer : le groupe compte une centaine de membres, et deux appels collectifs par semaine pour poser tes questions. Tu arrives avec la peur de démarcher, tu repars en sachant quel annonceur viser en premier.

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





