Monteur vidéo sur Malt : ça vaut le coup ? Ce que je ferais à ta place

Théo Bayoux regarde sur le côté, en chemise blanche

Tu as créé ton profil Malt, ou tu hésites encore à le faire. Sur le papier, c’est rassurant : là-bas, ce sont les clients qui viennent à toi, et tu n’as pas à écrire à des inconnus. Sauf qu’une fois inscrit, tu te retrouves au milieu de dizaines d’autres monteurs, et une question te travaille : est-ce que tu dois baisser ton prix pour qu’on te choisisse ? Un futur monteur m’a décrit ce sentiment en appel, à propos des annonces auxquelles il répondait : « Tout ce qui va être appel d’offres, donc sur Discord, X, donc j’y réponds. Sauf que la concurrence, elle est acharnée. » Alors, être monteur vidéo sur Malt, ça vaut le coup ? Oui, à une condition : ne pas en dépendre. Tu vas voir ce que Malt coûte vraiment, ce qu’il fait bien, et ce que je ferais à ta place.

La réponse courte. Malt peut t’aider à décrocher tes premières missions et tes premiers avis, mais tu y es comparé à d’autres monteurs, souvent sur le prix. La plateforme prend aussi une part de chaque mission : 5 % HT (hors taxes) en général selon son centre d’aide, et jusqu’à 10 % HT sur certains projets pendant les six premiers mois. Ce que je ferais à ta place : un profil spécialisé, une heure par semaine au maximum dessus, et l’essentiel de ton temps pour aller chercher tes clients toi-même.

Pourquoi une plateforme tire ton prix vers le bas

Commence par un repère. Sur Codeur.com, une autre plateforme, la journée d’un monteur vidéo se payait en moyenne 100 € en octobre 2026, soit environ 14 € de l’heure. Pour un profil débutant, la moyenne tombait à 35 € la journée. Ce n’est pas Malt. Mais ça montre bien ce qui arrive aux prix quand des clients comparent des profils côte à côte.

Sur une plateforme, tu pêches là où tous les monteurs pêchent. Le client publie un besoin ou fait une recherche, et il voit des dizaines de profils les uns à côté des autres. Sur Codeur, la page des tarifs annonce plus de 5 000 monteurs vidéo freelances disponibles. Ta réponse arrive au milieu de quarante autres, et c’est le prix qui fait la différence.

Si tu te sens invisible là-bas, ce n’est pas ta faute. Une place de marché (un site où le client compare plusieurs vendeurs) est construite pour qu’on compare, et la première chose que le client voit, c’est le chiffre. Ta façon de comprendre sa chaîne, ton œil, ta fiabilité, il ne les découvre qu’après. Et seulement si tu as passé l’étape du prix.

Quand tu démarches toi-même un créateur, c’est l’inverse. Tu lui envoies un montage de sa propre vidéo, et tu n’es comparé à personne, puisque tu es le seul à lui avoir montré ce que sa vidéo pourrait devenir. C’est la méthode du cadeau pour trouver des clients quand on débute. Mais avant de choisir où mettre tes heures, regarde ce que Malt te prend.

Ce que Malt coûte vraiment à un monteur vidéo

D’abord, il y a les frais. Selon le centre d’aide de Malt, mis à jour en août 2026, la plateforme prend au freelance 5 % HT de chaque mission. Pour certains projets en France, en Espagne et en Belgique, ces frais peuvent monter à 10 % HT, puis redescendre à 5 % HT après six mois de mission. Le centre d’aide précise aussi un calcul différent pour les micro-entrepreneurs qui ne facturent pas la TVA. Donc vérifie le montant exact sur ton devis, au moment de le faire.

Ensuite, il y a le temps. Soigner ton profil, répondre à des demandes, écrire des propositions qui ne seront pas choisies : toutes ces heures-là, personne ne te les paie.

Et surtout, il y a ton prix de départ. Si tu entres sur la plateforme avec le tarif le plus bas pour être choisi, c’est ce tarif-là que tes premiers clients connaîtront. Mes repères en direct sont dans combien facturer un montage quand on débute : un short se facture entre 25 et 45 €, et une vidéo YouTube entre 200 et 1 500 €. Pour la vidéo, ça dépend vraiment de sa durée, de la quantité de rushs (les images brutes) et de l’habillage.

Tout ça ne veut pas dire que Malt ne sert à rien.

Ce que Malt fait bien pour un débutant

Je ne vais pas te dire de fuir. Quand tu démarres, une plateforme a de vrais avantages.

Le client a déjà un besoin. Inutile de lui expliquer à quoi sert la vidéo. Il cherche un monteur, maintenant.

Tu apprends le métier de prestataire. Lire un brief (la consigne du client), tenir un délai, gérer des corrections, livrer proprement. Ces réflexes te suivront partout.

Tu obtiens tes premiers avis. Quand tu n’as jamais eu de client, un premier retour positif rassure. Toi d’abord.

Donc Malt peut être un bon terrain d’entraînement. Le problème commence quand il devient le seul endroit où tu trouves tes clients. Voici comment l’utiliser sans tomber dans ce piège.

Ce que je ferais à ta place sur Malt

Un profil spécialisé, pas « monteur polyvalent ». Choisis un type de client qui a les moyens de payer, plutôt qu’un style de montage. « Monteur vidéo pour formateurs et coachs : vidéos YouTube et Reels » attire mieux qu’une liste de tout ce que tu sais faire. Les demandes des marques qui vendent en ligne sont aussi une bonne porte d’entrée, et j’en parle dans l’article sur le montage UGC.

Une description qui parle du client, pas de toi. Par exemple :

Je monte les vidéos des formateurs et des coachs qui vendent en ligne : vidéos YouTube, Reels sous-titrés, shorts tirés des vidéos longues. Deux allers-retours inclus, délai annoncé avant de commencer. Avant chaque projet, je regarde les vidéos qui ont le mieux marché sur la chaîne, pour comprendre ce que la nouvelle doit rapporter.

Pas de liste de logiciels, pas de « fan de vidéo depuis toujours ». Un client qui lit ça sait en dix secondes si tu es fait pour lui.

Trois ou quatre extraits dans le format de ta cible. Deux minutes en tout, pas cinq.

Un prix que tu assumes. Pas le plus bas de la page, et par vidéo plutôt qu’à l’heure.

Une heure par semaine, pas plus. Le reste de ton temps de recherche de clients va au démarchage direct : des cadeaux à cinq chaînes choisies, ou des messages à des formateurs et à des entreprises. Pour ces derniers, je t’explique comment faire dans l’article pour trouver des clients sur LinkedIn.

Vue du dessus : Théo Bayoux explique quelque chose depuis son bureau
Une plateforme peut t’aider à démarrer, mais ton prix reste à toi.

Malt ou démarchage direct : le comparatif

Sur une plateformeEn démarchage direct
Qui fait le premier pasLe clientToi
À qui tu es comparéAux autres profilsÀ personne
Ce qui décideSouvent le prixCe que tu lui as montré
FraisUne commission sur chaque missionAucun
Ce que ça t’apporte au débutDe la pratique, des avisDes clients qui t’ont choisi, toi

Une commission, c’est la part que la plateforme garde pour elle. Les deux façons de faire ne s’opposent pas. Mais si tu dois choisir où mettre tes heures, mets-les là où personne ne te compare. Surtout que le vrai risque de Malt arrive au moment où tout va bien.

Un client trouvé au prix repart au prix

Le vrai danger n’apparaît pas au début. Il apparaît le jour où ton profil marche. Dans six mois, tu as des missions, des avis, un agenda qui se remplit. Tu te dis que tu as trouvé ta source de clients.

Sauf que ces clients t’ont trouvé en comparant des profils. Le jour où un autre monteur affiche un prix plus bas que le tien, ou le jour où tu veux augmenter ton prix, ils referont exactement la même comparaison. Et ils partiront comme ils sont arrivés. Un client qui t’a choisi pour ton prix n’a aucune raison de rester quand le prix change.

Je t’en parle maintenant parce que ce moment est agréable, et qu’on ne voit pas le danger quand tout va bien. Garde la plateforme comme terrain d’entraînement, et construis à côté, dès aujourd’hui, des clients qui t’ont choisi parce que tu leur as montré leur propre vidéo en mieux. Ceux-là, personne ne te les prendra avec un tarif plus bas.

Questions fréquentes

Quelle commission Malt prend-il sur un monteur vidéo ?

Selon le centre d’aide de Malt (août 2026), 5 % HT en général, et jusqu’à 10 % HT sur certains projets en France, en Espagne et en Belgique pendant les six premiers mois de mission. Le calcul change selon ton statut, alors vérifie le montant sur ton devis.

Quel tarif afficher sur Malt quand on débute ?

Pas le plus bas. Je n’ai pas de moyenne Malt vérifiable à te donner. Le repère public le plus proche, c’est Codeur : 100 € la journée en moyenne pour un monteur vidéo en octobre 2026, et 35 € pour un débutant. Ces chiffres montrent surtout jusqu’où une plateforme peut faire descendre les prix.

Malt ou Fiverr, lequel choisir ?

Fiverr est un marché mondial, en anglais, avec des prix bas et des monteurs du monde entier en face de toi. Je compare les deux façons de fonctionner dans mon avis sur Fiverr pour un monteur vidéo.

Peut-on vivre du montage uniquement grâce à Malt ?

Je ne te le conseille pas. Même si ça marche, tu dépends d’un seul endroit et d’une comparaison de prix. Garde Malt comme une source de clients parmi d’autres.

Faut-il quitter Malt une fois qu’on a des clients directs ?

Pas forcément. Garde ton profil s’il t’apporte des missions intéressantes. Par contre, ne lui donne plus que le temps qu’il mérite.

Ton prochain pas

Si Malt devient ton seul canal, dans un an tu peux encore attendre la prochaine mission en surveillant les prix des autres. Si tu t’en sers comme d’un tremplin, tu peux avoir à côté des clients qui ne regardent même pas ce que demandent les autres monteurs. Réserve un appel gratuit : on regarde ta cible ensemble, et je te dis où chercher tes premiers clients en direct. Ces clients-là, c’est toi qui les auras choisis.

Trouver mes clients hors plateforme

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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