Tu ajoutes une deuxième piste à ton montage, et la lecture se met à saccader. L’image se fige, le ventilateur souffle, et tu te dis que tant que tu n’auras pas un vrai PC pour le montage vidéo, inutile de démarcher. En appel, un futur monteur m’a décrit son PC à 400 € en une phrase : « Ça rame de ouf, ça rame de fou. » Alors tu hésites entre deux peurs : dépenser de l’argent que tu n’as pas encore gagné, ou rester bloqué au point de départ. Bonne nouvelle : les pièces qui comptent vraiment sont peu nombreuses, et il existe un ordre pour dépenser, qui commence par zéro euro.
La réponse courte. Dans un PC pour le montage vidéo, quatre pièces comptent : la mémoire vive, la carte graphique, le processeur et un disque SSD. Pour te donner un repère officiel, Blackmagic Design demande au minimum 16 Go de mémoire vive sous Windows pour DaVinci Resolve 21, et une carte graphique avec 4 Go de mémoire vidéo, ou un processeur graphique intégré. Mais commence avec la machine que tu as : les fichiers proxys, des copies légères de tes rushs, te permettent de monter de la 4K (des images très détaillées) sur un ordinateur modeste.
Cette envie d’attendre la machine parfaite, je l’entends souvent. Ce n’est pas ta faute : les vidéos sur le matériel te parlent de la configuration idéale, presque jamais de ton premier client. Dans mon groupe, plus de 2 000 shorts publicitaires (des petites vidéos verticales pour des publicités) sont déjà passés entre les mains des membres, et un short ne demande pas un ordinateur de cinéma. Et toi, tu vas voir que ta machine actuelle peut déjà servir.
Les 5 critères d’un ordinateur pour le montage vidéo
Ton logiciel de montage fait trois choses en même temps : il lit tes rushs (les images brutes filmées), il calcule tes effets, et il te montre le résultat en direct. À la fin, il exporte, c’est-à-dire qu’il fabrique le fichier final. Chaque pièce de ton ordinateur s’occupe d’une partie de ce travail.
| Pièce | Son rôle, en une image | Ce qu’il faut regarder |
|---|---|---|
| Processeur | Le moteur : il calcule tout, de la lecture à l’export | Un modèle récent, avec plusieurs cœurs |
| Carte graphique | Le turbo : elle accélère la lecture, les effets et l’export | Sa mémoire vidéo : 4 Go minimum pour DaVinci Resolve 21 sous Windows |
| Mémoire vive | L’établi : plus il est grand, plus ton projet tient dessus sans tout ranger | 16 Go minimum pour DaVinci Resolve 21 sous Windows, 32 Go si tu utilises son module d’effets, Fusion |
| Disque SSD | Le couloir entre tes rushs et ton logiciel | Un SSD pour le système et le projet en cours, un disque externe pour l’archive |
| Écran | Ta fenêtre sur la vidéo | Une taille confortable pour voir toute ta ligne de montage, des couleurs correctes |
Ces chiffres sont tirés des notes de version de DaVinci Resolve 21, mises à jour le 1er octobre 2026. Pour un Mac, Blackmagic Design exige une puce Apple (Apple Silicon), 8 Go de mémoire vive (16 Go avec Fusion) et macOS 15 Sequoia ou une version plus récente. Adobe publie ses propres configurations minimales et recommandées sur sa page des exigences techniques de Premiere, mise à jour le 7 octobre 2026. Regarde-la avant d’acheter, parce que ce sont des minimums, pas un confort.
Parmi ces cinq pièces, deux expliquent la plupart des machines qui rament.
La mémoire vive, la plus souvent en cause
Un logiciel qui rame manque très souvent de place pour travailler. Tes rushs, tes effets, ta musique : tout doit tenir sur l’établi. Si l’établi est trop petit, l’ordinateur passe son temps à ranger et à ressortir ses outils. Sur beaucoup de PC fixes, et sur certains portables, tu peux ajouter de la mémoire vive sans changer de machine. Regarde si c’est possible sur la tienne avant de racheter quoi que ce soit.
Le SSD, l’achat le plus sous-estimé
Un vieux disque dur mécanique, avec un disque qui tourne à l’intérieur, fait attendre ton logiciel à chaque fichier. Un SSD, sans pièce qui tourne, lit tes fichiers beaucoup plus vite. Pense aussi à la place libre. Un seul tournage pèse parfois 50 Go, et avec quatre clients, ton disque se remplit vite.
Tu sais maintenant quoi regarder dans une machine. Reste la question qui fait le plus peur : combien dépenser ?
Combien mettre dans un PC pour le montage vidéo : d’abord rien
Ce n’est pas la réponse que tu attendais, et pourtant l’ordre compte.
Étape 1 : la machine que tu as. Tu montes tes premiers shorts et ton premier cadeau pour un créateur avec ce que tu as déjà, en utilisant les proxys (on y vient juste après). Un short se facture 25 à 45 €, et avec des proxys, une machine modeste suffit pour le monter.
Étape 2 : la petite amélioration qui débloque tout. Quand ta machine l’accepte, ajoute de la mémoire vive ou un SSD. Pour peu d’argent, c’est souvent ce qui change le plus ton quotidien.
Étape 3 : la nouvelle machine, payée par tes factures. Une vidéo YouTube se facture entre 200 et 1 500 €. Une fois que tu as des clients réguliers, une machine plus rapide te fait gagner du temps sur chaque vidéo, donc elle finit par se payer toute seule. Achetée trop tôt, elle devient juste une excuse de plus pour repousser le démarchage.
Le vrai danger n’est pas de monter sur une machine lente. Le vrai danger, c’est de passer six mois à attendre la bonne machine avant d’enfin devenir monteur vidéo.

Pour tenir jusqu’à cette troisième étape, il te faut une astuce qui soulage ta machine dès aujourd’hui.
Les proxys : monter de la 4K sur une machine modeste
La 4K, c’est une image très détaillée, donc lourde à lire pour ton ordinateur. Un proxy, c’est une copie légère de ton rush, en basse résolution, avec moins de détails. Tant que tu montes, tu travailles sur ces copies et ton ordinateur respire. Au moment de l’export, le logiciel reprend les fichiers originaux, en pleine qualité.
Dans Premiere Pro, les proxys se règlent dans les paramètres d’ingestion, les réglages qui s’appliquent quand tu importes tes rushs. Tu coches la création de proxys, et pendant l’import, Adobe Media Encoder fabrique les copies en arrière-plan. Ensuite, tu peux passer à tout moment des originaux aux proxys, et inversement. C’est Adobe lui-même qui présente les proxys comme la solution pour les machines plus légères.
Sur une petite machine, deux autres gestes aident. Pendant que tu montes, baisse la qualité de lecture dans le moniteur, la fenêtre où ta vidéo défile : l’image est un peu moins nette, mais elle ne saccade plus. Et ferme tout ce qui ne sert pas : navigateur, jeux, messageries. Ta machine respire. Sauf qu’une machine qui respire ne te fait pas encore monter vite.
Une machine rapide ne remplace pas une méthode rapide
Un PC deux fois plus puissant n’enlève pas une minute à ton dérush, ce moment où tu tries tes rushs. Écouter les rushs, choisir, couper : ce travail-là, c’est toi qui le fais, quelle que soit la machine. Tes heures se gagnent ailleurs : avec les raccourcis clavier de Premiere Pro, avec la transcription automatique de la parole, avec les sous-titres automatiques, et avec les 9 habitudes pour monter plus vite.
En plus, ce qui fait le plus souffrir une machine, ce sont souvent les effets empilés. Tant mieux, ton client ne te les demande pas. Un montage dynamique, ce sont des coupes au bon moment, des zooms légers et du son bien placé. Ce genre de montage passe sur une machine modeste, et il plaît davantage. Reste à savoir ce que vaut vraiment la tienne.
L’exercice : le test des 10 minutes
Avant de dépenser un euro, passe ta machine au chrono, avec tes propres rushs.
- Importe 10 minutes de rushs, si possible dans le format que filment les créateurs que tu vises.
- Monte 2 minutes : des coupes, un texte, une musique, un zoom.
- Exporte, et chronomètre l’export.
Ensuite, cherche ta ligne dans ce tableau.
| Ce que tu observes | Ce que ça veut dire | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| La lecture saccade | La machine n’arrive pas à lire les rushs en direct | Proxys et qualité de lecture réduite |
| Le logiciel plante ou se fige | Souvent un manque de mémoire vive | Ferme le reste, puis ajoute de la mémoire si possible |
| L’export est très long | Processeur ou carte graphique limités | Exporte pendant ta pause ou la nuit, ce n’est pas bloquant |
| Tout est fluide | Ta machine suffit | Arrête de lire des comparatifs et démarche |
Si ta ligne est la dernière, tu peux fermer cette page et démarcher. Et le jour où tes clients arriveront, garde en tête le conseil qui suit.
Le jour où tu as quatre clients, pense à ton disque
Ce conseil ne te sert à rien aujourd’hui. Il te servira le jour où tout marche. Projette-toi dans quelques mois : quatre clients réguliers, des rushs qui arrivent chaque semaine, des projets en cours partout sur ton SSD. Tout roule. Puis un matin, ton disque refuse de démarrer.
Ce matin-là, tu perds bien plus que des fichiers. Tu perds les rushs d’un client qui n’a pas forcément gardé les siens, la vidéo promise pour le lendemain, et la confiance de ce client. Un disque finit toujours par lâcher, et toujours au mauvais moment.
Je t’en parle maintenant parce que la parade ne coûte presque rien si tu la poses dès le début. Tant qu’un projet n’est pas livré et validé, garde ses rushs à deux endroits, dont un en dehors de ta machine : un disque externe, ou un stockage en ligne. Et demande à chaque client de conserver lui aussi ses fichiers d’origine.
Questions fréquentes
Quelle config PC pour le montage vidéo 4K ?
Le repère officiel le plus clair, c’est celui de Blackmagic Design pour DaVinci Resolve 21 sous Windows : 16 Go de mémoire vive minimum (32 Go avec Fusion), et une carte graphique avec 4 Go de mémoire vidéo, ou un processeur graphique intégré. En dessous, passe par les proxys. Et pour être à l’aise, vise plus haut que ces minimums.
Mac ou PC pour le montage vidéo ?
Les deux conviennent : Premiere Pro et DaVinci Resolve fonctionnent sur Windows comme sur Mac. Pour DaVinci Resolve 21, Blackmagic Design demande un Mac avec une puce Apple, et macOS 15 Sequoia ou plus récent.
Un PC portable suffit-il ?
Oui, à condition que ses pièces soient solides. Avec un portable, tu montes où tu veux. Par contre, tu peux rarement l’améliorer ensuite : regarde bien la mémoire vive avant de l’acheter, car sur certains modèles, on ne peut plus la changer.
Peut-on monter sur un PC à petit prix ?
Oui, avec des proxys et des projets simples. Monte d’abord des shorts, fais-les payer, puis améliore ta machine grâce à ces premières factures. Combien les facturer, tu le trouveras dans mon article sur le tarif d’un monteur vidéo débutant.
Ma machine est lente : je démarche quand même ?
Oui. Le créateur regarde le montage que tu lui envoies, il ne sait pas combien de temps il t’a pris. Pour savoir comment lui envoyer ce montage, lis comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant.
Ton prochain pas
Ce qui compte dans une machine, et l’ordre pour dépenser, tu l’as. Il te reste à savoir ce que tu peux déjà vendre avec la tienne. Réserve ton appel gratuit : on regarde ta situation, ton matériel compris, et je t’indique par quel type de montage commencer. Aujourd’hui, ta machine te sert de raison pour attendre. Dans quelques semaines, c’est elle qui exporte ton premier montage payé.
Savoir si je peux démarrer avec ma machine

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.




