Monteur vidéo sans expérience : 4 façons de t’en créer une en un mois

Théo Bayoux devant une maison moderne, en plein soleil

Tu sais monter un peu, tu as deux ou trois vidéos derrière toi, et tu n’oses écrire à personne. Monteur vidéo sans expérience, tu te dis qu’aucun client ne voudra de toi, et tu attends d’avoir assez de projets pour te lancer. Un futur monteur m’a décrit ce blocage en appel : « Moi, je me vois pas démarcher des clients en ayant fait deux montages vidéo dans ma vie, truc tout pourri. » Sans expérience, tu n’oses pas démarcher, et sans démarcher, tu n’as pas d’expérience. Il existe pourtant quatre façons de casser ce cercle en un mois, et tu les auras toutes en main en bas de cette page.

La réponse courte. Quand tu es monteur vidéo sans expérience, tu te la crées. Quatre façons, en un mois : offrir un premier montage à un créateur que tu suis, remonter des vidéos existantes pour t’entraîner (sans les publier), prendre de petites commandes payées, comme les shorts publicitaires à 20 à 40 € l’unité de mon groupe, et monter pour des proches qui ont un vrai besoin. Au bout d’un mois, tu as de vrais projets à montrer.

Ce cercle, je le vois chez presque tous les gens qui m’appellent. Dans mon groupe, plus de 2 000 shorts publicitaires ont déjà été confiés à des membres, et chacun de ces membres a commencé un jour par un premier montage. Toi, ce qui te manque, ce n’est pas du talent : c’est un premier projet réel.

Monteur vidéo sans expérience : le cercle qui te bloque

Deux autres phrases reviennent souvent en appel. « Je fais partie de ces gens qui quand ils maîtrisent pas quelque chose, ils se sentent pas légitimes. » Et celle-ci : « La plupart des gens qui se montrent, c’est des gens qui sont confirmés, donc quand tu vois ça tu [te dis] je vais faire quoi moi là-dedans ? »

Ce n’est pas ta faute. Sur les réseaux, tu ne vois que des monteurs confirmés. Alors tu mets ton deuxième montage à côté du centième de quelqu’un d’autre, et forcément, tu perds. Hassen, aujourd’hui monteur pour ses propres clients après quinze ans de boulangerie, ne cache pas ses débuts : « Mon premier montage était dégueulasse. » Il a continué malgré ça, et c’est ce qui l’a mené où il est.

Théo Bayoux et son husky au soleil
L’expérience vient après le premier projet, jamais avant.

Et voilà ce que je vois venir pour les deux prochaines années : les années de métier vont compter de moins en moins, parce que les outils changent trop vite. Quelqu’un de bien formé pendant six mois dépasse déjà quelqu’un qui a quinze ans de métier et qui a arrêté d’apprendre. Donc, aujourd’hui, ne cherche pas à rattraper des années. Accumule de vrais projets, vite. Pour ça, tu as quatre façons.

Façon 1 : offrir un montage à un créateur que tu suis

De toutes, c’est celle qui rapporte le plus : une expérience, et parfois, un client. Pense à un créateur dont tu regardes déjà les vidéos. Prends une de ses vidéos longues, tires-en un short, c’est-à-dire une vidéo courte et verticale, et envoie-le-lui en cadeau.

Lui découvre son propre contenu, monté par toi. Toi, tu as un vrai projet, dans un vrai format, pour une vraie personne. S’il ne répond pas, tu as quand même appris à monter pour quelqu’un. S’il répond, tu factures le montage suivant.

Limite-toi à cinq chaînes bien choisies, pas cinquante. Le message à joindre au cadeau, et toute la méthode, sont expliqués dans comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant. Et entre deux cadeaux, tu peux t’entraîner chez toi, sans rien envoyer à personne.

Façon 2 : remonter des vidéos existantes pour t’entraîner

Choisis une vidéo longue, un podcast filmé ou un live (une vidéo tournée en direct), et remonte-la à ta manière. Tires-en trois shorts, ou coupe-la pour qu’elle dure deux fois moins longtemps. Ce montage reste chez toi : tu ne le publies pas, et tu ne le fais jamais passer pour un travail commandé par ce créateur.

Un membre m’a dit en appel : « Je n’arrive pas à trouver des rushs de YouTubeurs qui ne sont pas déjà montés avec des effets. » Il a raison, les rushs, ces images brutes filmées avant tout montage, sont difficiles à trouver. Sauf que les lives et les podcasts filmés sont très peu montés, donc ils font très bien l’affaire : tu dois y choisir ce que tu gardes, et c’est justement ce qu’un client te paiera.

Essaie cet exercice : monte le même passage de deux minutes de deux façons, une version rapide et une version qui laisse respirer. Le lendemain, regarde les deux. Sur le rythme, ces deux versions t’apprendront plus qu’une semaine de tutos. Seulement, l’entraînement ne te rapporte rien. La façon suivante, si.

Façon 3 : les petites commandes payées

Entre t’entraîner seul et démarcher ton premier client, il y a une marche au milieu : les petites commandes. Dans l’accompagnement, il existe un groupe de commandes. Des créateurs m’envoient des vidéos à monter, et je les passe aux membres, qui sont payés pour ça. Il s’agit de shorts publicitaires, à 20 à 40 € l’un, et plus de 2 000 ont déjà été confiés de cette façon.

Tu y entres une fois que tu sais bien monter ce genre de short. L’avantage pour toi : la commande est déjà là. Pas besoin de la trouver, il faut juste être assez bon pour la prendre. Et un travail payé, personne ne pourra te dire que ce n’est pas de l’expérience.

Reste une dernière source de projets, tout près de chez toi.

Façon 4 : monter pour des proches qui ont un vrai besoin

Regarde autour de toi. Un commerçant, une association, un artisan, un ami qui lance son activité : quelqu’un a sûrement besoin d’une vidéo. Ce projet n’a rien de petit, si tu le traites comme celui d’un vrai client.

Pour ça, trois règles. Demande d’abord un vrai brief, c’est-à-dire des consignes claires : à quoi sert la vidéo, pour qui, pour quand. Ensuite, annonce une date de livraison, et respecte-la. Enfin, demande si tu pourras montrer la vidéo dans ton portfolio, l’ensemble des montages qui prouvent ton niveau. Avec ce projet, tu t’entraînes à tout ce qui compte dans le métier : comprendre un besoin, livrer à l’heure, gérer les demandes de changements.

Un mois plus tard, tu as donc plusieurs projets en main. Il te reste à les présenter.

Monteur vidéo sans expérience : présenter tes projets sans mentir

Ton portfolio de débutant peut rester court. Trois projets suffisent, s’ils ressemblent à ce que font les clients que tu vises. La règle : écrire exactement ce qu’est chaque projet.

  • « Short monté à partir d’une vidéo de [chaîne], offert, publié par le créateur. »
  • « Exercice : trois shorts tirés d’un live, non publiés. »
  • « Shorts publicitaires, commande payée. »
  • « Vidéo de présentation pour [commerce], réalisée bénévolement. »

Être aussi honnête ne te fait rien perdre. Un client comprend tout de suite que tu as monté pour de vraies personnes, et il sait ce qu’il peut attendre de toi. Ce qu’un client attend en dehors du montage, tu le trouveras dans le métier de monteur vidéo freelance en vrai. Et si tu as déjà un emploi, ces quatre façons rentrent dans une heure par jour, en gardant ton travail.

Le jour où on te demande pour qui tu as travaillé

Il y a une question qui tombe au moment où tout commence à marcher. Dans quelques semaines, un prospect sérieux a aimé ton montage offert, et il te demande : « Tu as déjà travaillé pour qui ? » Et là, tu as envie d’en rajouter un peu, de faire passer un exercice pour un projet chez un gros YouTubeur.

Un membre l’a résumé en une phrase : « Les prospects, s’ils te demandent si tu as vraiment fait du montage pour un gros YouTubeur, on ne peut pas leur mentir. » Il a raison, et pas seulement parce que mentir, c’est mal. Ton prospect peut vérifier en deux minutes, et s’il découvre le mensonge, tu perds le client, et tout le bien qu’il aurait pu dire de toi.

Je te préviens maintenant, parce que cette question arrive pile le jour où tu as le plus envie d’entendre oui. Réponds avec ce que tu as vraiment fait, puis ramène la conversation sur lui : « J’ai monté pour deux créateurs et pour des commandes publicitaires. Et pour toi, je t’ai déjà monté ce short. » Ce qui le convaincra, ce n’est pas ta liste de clients. C’est le montage qu’il a déjà sous les yeux.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour se faire une expérience de monteur ?

Compte un mois pour avoir de vrais projets à montrer, à condition d’y passer du temps chaque semaine. L’important, c’est de monter pour de vraies personnes, pas seulement pour toi.

Faut-il travailler gratuitement au début ?

Oui, une fois, pour qu’un créateur te découvre. Le deuxième montage se paie : sinon, tu n’es plus son monteur, tu deviens son bénévole.

Des exercices suffisent-ils pour démarcher ?

Pour apprendre, oui. Pour convaincre, non. Un client sera plus touché par un montage de sa propre vidéo que par trois exercices faits sur les vidéos des autres. Garde tes exercices pour progresser, et démarche avec un cadeau.

Peut-on facturer dès son premier client ?

Oui. Pour un short, compte 25 à 45 €, et pour une vidéo YouTube, de 200 à 1 500 €, selon sa durée, la quantité de rushs et ce que tu ajoutes par-dessus. Tous mes prix sont détaillés dans combien facturer un montage quand on débute.

Faut-il suivre une formation pour se faire de l’expérience ?

Rien ne t’y oblige. Si tu en suis une, choisis-en une qui te fait travailler sur de vrais projets. Ce qu’il faut vérifier est dans comment choisir une formation de monteur vidéo, et tout le chemin est dans devenir monteur vidéo en 5 étapes.

Ton prochain pas

Si tu attends d’avoir de l’expérience pour commencer, dans un mois tu seras exactement au même endroit, avec deux montages et la même peur. Si tu lances un des quatre projets cette semaine, dans un mois, tu as trois projets réels à montrer, et c’est toi qui réponds sans rougir quand on te demande pour qui tu as travaillé.

Réserve ton appel gratuit : on fait le point sur ton temps et ton niveau, et on choisit le premier projet à lancer cette semaine. Tu ne le feras pas seul : dans le groupe, tu poses tes questions sur le Discord, et les membres ou moi te répondons. Tu arrives avec deux montages dont tu n’es pas fier, tu repars avec ton premier vrai projet.

Choisir mon premier projet avec Théo

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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