Le métier de monteur vidéo freelance en vrai : journée type, compétences, revenus

Théo Bayoux au volant de sa voiture

Tu as lu la fiche métier : le monteur vidéo assemble des plans pour raconter une histoire. Ça te plaît, mais tu restes avec des questions que la fiche ne règle pas : à quoi ressemble une vraie journée, combien ça rapporte, et est-ce que tu vas aimer tout ce qui entoure le montage ? Tu as peur de te lancer dans un métier que tu ne connais que par des tutos. En refermant cette page, tu auras une journée type heure par heure, les compétences qui comptent, et un calcul de revenus honnête.

La réponse courte. Le métier de monteur vidéo freelance ne se limite pas au montage : tu dois aussi comprendre ce que chaque vidéo doit rapporter à ton client, gérer ses demandes de changements et trouver de nouveaux clients. Il te faut un logiciel que tu connais bien, de la vitesse, le sens du rythme et de la fiabilité. Pour l’argent, un short se facture 25 à 45 €, une vidéo YouTube 200 à 1 500 €, et les membres de mon groupe qui en vivent font en moyenne 2 000 à 2 500 € de chiffre d’affaires par mois.

Je monte depuis 2012, pour moi et pour des clients, et une chose n’a jamais changé : le logiciel n’est qu’une partie du travail. Si la fiche métier t’a laissé une image floue, ce n’est pas ta faute. Elle décrit un poste de technicien salarié, pas la vie d’un monteur qui travaille à son compte. Et toi, c’est cette vie-là que tu veux connaître avant de te lancer.

Le métier de monteur vidéo, au-delà de la fiche : ce que tu vends vraiment

Ce que ton client paie, ce ne sont pas des coupes. Ce sont quatre choses.

Du temps. Pendant que tu montes sa vidéo, lui peut vendre, tourner, ou simplement vivre.

Des vues. Une vidéo au bon rythme, les gens la regardent plus longtemps. Tu ne promets aucun chiffre, mais tu donnes à sa vidéo toutes ses chances.

De l’argent. Pour un coach ou un e-commerçant (quelqu’un qui vend ses produits sur Internet), la vidéo sert à vendre. Ton montage fait partie de ce qu’il gagne.

Ton avis. Ce qu’il faut garder ou couper, le bon format, l’idée de la prochaine vidéo. C’est la partie que les débutants oublient, et c’est souvent elle qui fait rester un client.

Théo Bayoux debout au bord d'une piscine devant une maison moderne
Ton client t’achète du temps, des vues, de l’argent et ton avis.

Tu n’es donc pas qu’un simple monteur. Et c’est pour ça que ta journée ne ressemblera pas à huit heures devant ta ligne de montage.

Une journée type de monteur vidéo, heure par heure

Chaque monteur range ses journées comme il veut, et c’est même une bonne raison de faire ce métier. Mais pour que tu voies les choses en vrai, voici à quoi ressemble une journée type de monteur à son compte, à plein temps :

MomentCe que tu fais
9 h – 9 h 30Messages, retours des clients, planning du jour
9 h 30 – 12 h 30Dérush et montage de la vidéo principale du jour
14 h – 16 hFin du montage, son, sous-titres, export du fichier final
16 h – 16 h 30Corrections demandées sur une vidéo livrée la veille
16 h 30 – 17 h 30Démarchage : un montage offert à préparer, ou deux relances
17 h 30 – 18 hDevis, factures, rangement des fichiers

Regarde la part de chaque bloc. Le montage prend la plus grosse place de ta journée, mais pas toute. Le reste, c’est de la relation, de la vente et de l’organisation. Si tu veux faire uniquement du montage, il te faut un employeur. Si tu acceptes ce reste, c’est toi qui choisis tes clients, tes horaires et tes prix.

Pour tenir cette journée, il te faut deux familles de compétences. La première se travaille dans ton logiciel.

Les compétences techniques

La première fois que tu ouvres un logiciel de montage, tu vois des dizaines de menus, et tu te demandes par où commencer. Tu n’as besoin que d’une petite partie de ces menus, et des compétences ci-dessous. Toutes s’apprennent, sans aucun diplôme, comme je l’explique dans devenir monteur vidéo sans diplôme.

Un logiciel, que tu connais par cœur. Un seul te suffit. Inutile de connaître tous les menus : il faut surtout aller vite dans ceux que tu utilises.

Le dérush. Trier les rushs, c’est-à-dire les images brutes du client, repérer les bons passages et jeter le reste. Le dérush prend souvent la moitié du temps de montage, donc c’est là que tu gagnes le plus d’heures.

Les raccourcis et les presets. Les presets, ce sont des réglages que tu enregistres une fois. Avec les raccourcis clavier, ils t’évitent de refaire deux fois la même chose.

Le son. Un son propre, une musique au bon volume. Une image moyenne, le spectateur la pardonne. Un son qui grésille, beaucoup moins.

L’habillage. Titres, sous-titres, un peu de graphisme et de motion design, ces textes et ces formes qui bougent à l’écran. Ça aide, tant que tu n’en mets pas partout.

L’IA pour ce qui se répète. Transcription, sous-titres, suppression des silences : tout ce qui te fait gagner des heures sans toucher à tes choix de montage.

Sauf que ces compétences ne suffisent pas à faire rester un client. Pour ça, il en faut d’autres.

Les compétences qui ne s’apprennent pas dans un logiciel

Imagine ton premier client. Ton montage est propre, mais tu l’as livré deux jours en retard, avec une faute dans le titre. Il ne te renverra pas sa prochaine vidéo. Ce sont ces compétences-là qui font qu’un client reste : comprendre son univers avant de toucher à sa vidéo, livrer à l’heure à chaque fois, tenir le rythme de quatre vidéos par mois sans en rater une, ne laisser passer aucune faute d’orthographe, proposer des idées sans attendre qu’il te les demande.

Et deux compétences que personne n’associe au montage : savoir démarcher, c’est-à-dire aller chercher des clients toi-même, et savoir écrire un devis clair, le document qui annonce ton prix avant de commencer. Ces qualités sont détaillées dans les qualités d’un bon monteur vidéo, et la façon de démarcher dans comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant.

Toutes ces compétences s’appuient sur quelques outils simples.

Les outils du quotidien

Il te faut d’abord ton logiciel de montage. Ensuite, de quoi recevoir les rushs, en général un lien de transfert ou un dossier partagé. Puis de quoi recevoir les remarques du client, si possible avec le moment précis de la vidéo pour chacune. Et enfin, un outil pour tes devis et tes factures.

Un débutant m’a demandé en appel : « Les factures, ça se crée sur Excel ? » La question est bonne. Au début, l’outil compte peu. Ce qui compte, c’est que ta facture parte le jour où tu livres, ou au début du mois pour un prix fixe mensuel, et que tu la suives jusqu’au paiement.

Et ces factures, justement, combien peuvent-elles faire dans un mois ?

Combien rapporte le métier de monteur vidéo : le calcul

Prenons un objectif réaliste, avec un calcul simple. 25 € de l’heure, 6 heures de travail par jour, 5 jours par semaine, pendant 4 semaines : ça fait 3 000 € de chiffre d’affaires par mois, c’est-à-dire 3 000 € payés par tes clients. Si tu factures 200 € la vidéo YouTube, le bas de la fourchette, il te faut 15 vidéos par mois. Par exemple, quatre clients qui t’en commandent quatre chacun.

Ce chiffre se compte avant les cotisations, la part que tu reverses à l’URSSAF. Et ce calcul est un objectif, pas une moyenne : en moyenne, les membres de mon groupe qui vivent du montage font 2 000 à 2 500 € de chiffre d’affaires par mois.

Ton taux horaire, ce que tu gagnes vraiment pour une heure de travail, dépend surtout de ta vitesse. L’exercice à faire sur ton prochain montage : chronomètre-toi, du premier rush jusqu’au fichier final, puis divise ton prix par ce temps. Ma grille complète est dans combien facturer un montage quand on débute.

Le créneau qui disparaît en premier

Méfie-toi d’un moment précis : celui où ta semaine est pleine. Dans quelques mois, ta journée type est rodée, tu as tes quatre clients, ton mois est rempli. Le premier moment qui saute, c’est celui de 16 h 30 : le démarchage. Tu n’as plus le temps, et en apparence, tu n’en as plus besoin.

Sauf que deux mois plus tard, un client part, un autre réduit son budget, et tu te retrouves avec un trou dans ton mois, sans personne en vue pour le remplir. Tout recommence de zéro.

Je te préviens dès maintenant, parce que ce trou arrive justement quand tout marche, et qu’on ne le voit pas venir. Même avec un agenda plein, garde une heure par semaine pour chercher des clients. Une seule, notée dans ton agenda comme si c’était une livraison. C’est ce qui transforme quelques clients en un revenu qui tient.

Questions fréquentes

Quelles études faut-il pour devenir monteur vidéo ?

Il existe un BTS Métiers de l’audiovisuel avec une option montage, que l’on prépare souvent en alternance, selon L’Étudiant. Pour travailler à ton compte, par contre, personne ne te demande de diplôme. Ton client regarde ton montage, ta ponctualité et ta régularité.

Quel logiciel utilise un monteur vidéo ?

Pour démarrer, les deux choix courants sont Premiere Pro, sur abonnement, et DaVinci Resolve, qui a une version gratuite selon le site de Blackmagic Design en octobre 2026. Prends-en un, et ne change plus.

Un monteur vidéo freelance travaille-t-il le week-end ?

Tu en décides seul. Ton client, lui, veut juste sa vidéo le jour prévu. D’ailleurs, beaucoup de gens démarrent le soir et le week-end, sans quitter leur emploi.

Faut-il une formation pour exercer ce métier ?

Non, aucune n’est obligatoire. Si tu en suis une, vérifie qu’elle couvre aussi ce qui se passe hors du logiciel : trouver tes clients, faire tes devis, gérer les retours. Avant de t’inscrire, regarde les points listés dans comment choisir une formation de monteur vidéo qui te fera vraiment vivre du montage.

Par où commencer pour devenir monteur vidéo ?

Commence par un logiciel, travaille ta vitesse, puis offre un premier montage à un créateur. Chaque étape est expliquée dans devenir monteur vidéo en 5 étapes.

Ton prochain pas

Te voilà avec une image vraie du métier, bien au-delà du logiciel. Si tu en restes à la fiche, l’an prochain, ce métier sera encore une idée. Si tu te chronomètres sur ton prochain montage et que tu prépares ton premier cadeau, l’an prochain, c’est ta journée à toi qui ressemble au tableau plus haut, avec tes clients et tes horaires.

Réserve ton appel gratuit : on regarde ensemble ta situation, et ce que serait ton premier mois de monteur. Et tu n’avances pas seul : il y a deux appels de groupe par semaine, et une centaine de membres pour répondre à tes questions. Tu arrives avec une fiche métier, tu repars avec ta semaine type.

Voir à quoi ressemblerait ma semaine

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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