Devenir monteur vidéo en gardant ton travail : le planning d’une heure par jour

Théo Bayoux pensif au bord de la piscine

Tu rentres vers 18 h 30. Il y a le dîner à faire, parfois les devoirs des enfants, et cette fatigue qui te tombe dessus dès que tu t’assois. Quelque part, l’idée de devenir monteur vidéo ne te lâche pas. Mais une voix te répète qu’il faudrait tout plaquer, et que tu n’as ni le temps ni l’énergie. Pourtant, tu peux devenir monteur vidéo en gardant ton travail. La vraie question, c’est quoi faire d’une heure par jour, et la réponse t’attend plus bas, semaine par semaine.

La réponse courte. Tu peux devenir monteur vidéo en gardant ton travail : une heure par jour en semaine et un créneau de trois heures le week-end suffisent pour apprendre, offrir un premier montage et chercher tes premiers clients. Être salarié et micro-entrepreneur en même temps est en principe possible, si tu respectes ton contrat. Et tu ne quittes ton poste que lorsque tes clients sont réguliers, pas après le premier.

Ce que tu ressens, je l’entends en appel mot pour mot. « Les 8h-17h, moi, je trouve que la journée, elle est foutue. Je ne fais rien de ma soirée. » Un parent m’a parlé de ses filles : « Là, pour l’instant, elles sont à 7h30 à la garderie jusqu’à 18h. […] C’est pas une vie pour des enfants. » Beaucoup des gens que j’accompagne sont des parents salariés. Et chez eux, ce qui manque le plus, ce n’est pas le temps. C’est un plan qui tient dans une vraie semaine, et une explication honnête de leur fatigue. Commençons par la fatigue.

Pourquoi tu rentres vidé le soir (et pourquoi ce n’est pas de la paresse)

Pose-toi une question toute simple. Est-ce qu’un humain est fait pour passer huit heures par jour au même poste, cinq jours sur sept, puis trouver encore de l’énergie le soir pour construire autre chose ? Biologiquement, non. Historiquement, non plus. La journée de huit heures est une anomalie, c’est-à-dire une chose qui n’a rien de naturel : une invention récente.

Elle a un inventeur et une date. En 1817, Robert Owen, un patron d’usine, propose « 8 h de travail, 8 h de loisir, 8 h de sommeil », pour que les ouvriers arrêtent d’en faire quatorze. En France, les huit heures deviennent la loi le 23 avril 1919. C’était un progrès. Sauf qu’on a calé la vie de tout le monde sur le rythme de l’usine : mêmes horaires, même cadence, pour tous.

Or un humain a besoin de décider lui-même de ce qu’il fait et de quand il le fait : les psychologues Deci et Ryan l’ont montré en 1985. Et le chercheur Karasek l’a mesuré en 1979 : beaucoup de choses à faire, avec très peu de pouvoir sur la façon de les faire, c’est exactement ce qui crée le stress au travail.

Alors si tu rentres vidé, ce n’est pas de la paresse. Tu es quelqu’un fait pour choisir son rythme, enfermé huit heures dans un rythme choisi par d’autres. Ton corps a raison.

Le montage en freelance remet les choses dans l’ordre. Tu choisis tes clients. Tu montes par blocs, quand ton énergie est là. Et chaque vidéo que tu livres, tu vois l’argent arriver chez toi. Pas besoin d’un empire : juste un salaire, à des horaires que tu choisis. Ce qui a été inventé peut se quitter. Pas sur un coup de tête : une heure à la fois, sans lâcher ton salaire tant que tes clients ne l’ont pas remplacé. Et avant la première heure, il y a ton contrat à relire.

Ce que ton contrat te permet de faire

Selon service-public.fr (fiche vérifiée le 10 avril 2026), il est en principe possible d’être salarié et micro-entrepreneur en même temps. Quatre conditions : respecter ton obligation de loyauté envers ton employeur, ne pas lui faire concurrence, travailler pour toi en dehors de ton temps de travail, et vérifier ton contrat. Si tu es à temps plein, une clause d’exclusivité peut t’interdire toute activité à côté. Et certaines conventions collectives, les règles communes à tout un secteur, demandent une autorisation préalable.

Côté argent, une bonne nouvelle. En micro-entreprise, les cotisations, la part que tu reverses à l’URSSAF, se calculent sur ce que tu encaisses. Comme le résume l’URSSAF, « 0 € encaissé = 0 € à payer ». Tant que tu apprends, ton activité ne te coûte rien en cotisations. Tu peux donc commencer dès ce soir, si tu sais quoi faire de ton heure.

Devenir monteur vidéo en gardant ton travail : le planning d’une heure par jour

Compte bien. Une heure par jour du lundi au vendredi, plus trois heures le week-end, ça fait 8 heures par semaine. Sur un mois, plus de 30 heures. Presque une semaine de travail entière pour ton nouveau métier.

Le temps est là. Le danger, c’est de le passer à regarder des tutos sans jamais monter pour personne. Voici un exemple de planning sur huit semaines. Ce n’est pas une promesse : certains vont plus vite, d’autres ont besoin de plus de temps. Par contre, chaque ligne te dit quoi faire ce soir.

SemainesEn semaine (1 h par jour)Le week-end (3 h)
1 et 2Prendre en main ton logiciel, monter des shorts simplesRemonter une vidéo longue en trois shorts
3 et 4Travailler ta vitesse : raccourcis, presets, dérushTe chronométrer sur un montage complet, du premier rush à l’export
5 et 6Choisir cinq créateurs qui vendent quelque chose, regarder leurs vidéosMonter un short offert pour l’un d’eux
7 et 8Envoyer tes cadeaux, relancer, préparer ton devis typeMonter le cadeau suivant, répondre aux premiers retours
EnsuiteMonter pour tes premiers clientsUne heure de démarchage, le reste en montage

Dans ce tableau, les presets sont tes réglages enregistrés, le dérush, c’est trier tes images avant de monter, et le devis, ton prix écrit avant de commencer.

Dès la cinquième semaine, tu montes pour de vraies personnes, pas après six mois d’exercices. C’est toute la différence entre quelqu’un qui apprend le montage et quelqu’un qui devient monteur. Le parcours complet est décrit dans les 5 étapes pour devenir monteur vidéo, et pour voir à quoi ressemble ensuite une journée à plein temps, lis le métier de monteur vidéo freelance en vrai. Une question doit déjà te trotter dans la tête : comment tenir un client quand tu es au travail toute la journée ?

Monter pour des clients sans être libre en journée

Ton client n’a pas besoin que tu lui répondes en dix minutes. Il a besoin de recevoir sa vidéo à la date prévue. Ce qu’un créateur demande vraiment à son monteur, c’est de comprendre son contenu, de livrer à l’heure et de tenir le rythme. Rien de tout ça ne t’oblige à être libre à 14 h un mardi. Je détaille ces attentes dans les qualités d’un bon monteur vidéo.

Si tu te fais accompagner, les horaires comptent aussi. Dans mon groupe, les deux appels de la semaine ont lieu le dimanche et le lundi à 20 h, et les coachings d’invités sont enregistrés pour que tu les regardes quand tu veux. Avant de choisir, vérifie toujours que les horaires collent à ta vie. Les autres critères sont dans mon guide pour choisir une formation de monteur vidéo.

Puis tes premiers clients disent oui, et une question arrive : quand partir ?

Quitter ton travail : la règle des clients réguliers

Le premier client qui dit oui, c’est une émotion énorme. Ce n’est pas le moment de démissionner. Monte d’abord pour de petits clients, jusqu’à ce que trois d’entre eux reviennent chaque mois. Un forfait mensuel payé au début du mois vaut mieux qu’une grosse vidéo ponctuelle.

Théo Bayoux derrière sa chaise de bureau, regard au loin
Tu lâches ton salaire le jour où tes clients réguliers le remplacent.

Et compare ce qui est comparable. Ton salaire est un net : ce qui arrive vraiment sur ton compte. Ce que tu factures en micro-entreprise est un chiffre d’affaires, et il faut encore en retirer les cotisations. Pour te donner un repère, dans mon groupe, ceux qui vivent du montage font en moyenne 2 000 à 2 500 € de chiffre d’affaires par mois. Le jour où tes clients réguliers couvrent ce dont tu as besoin, cotisations retirées, tu peux partir. Ce que le statut de freelance te demande en plus du montage, je le détaille dans devenir monteur vidéo freelance.

Quand un client te demande sa vidéo pour demain

Une chose va t’arriver, et je préfère que tu la voies venir. Dans quelques mois, tu auras deux clients le soir, ils seront contents, et l’un d’eux t’écrira un mardi : « Tu peux me la livrer pour demain ? » Tu voudras faire bonne impression, alors tu diras oui. Et tu monteras jusqu’à 2 h du matin, avant une journée de travail.

Le piège, c’est de promettre les délais de quelqu’un qui monte à plein temps. Une fois, ça passe. Trois fois, tu es épuisé, et le jour où tu rates le délai, ton client ne retient que ça.

Ce message-là arrive précisément quand tes clients t’apprécient, alors mieux vaut avoir ta réponse prête. Annonce dès le premier échange un délai qui tient compte de ton emploi, par exemple trois ou quatre jours après avoir reçu les rushs, les images brutes du client. Puis tiens-le, à chaque fois. Un client préfère un délai plus long et toujours tenu à une promesse rapide qui saute une fois sur deux.

Questions fréquentes

Combien d’heures par semaine faut-il pour devenir monteur vidéo ?

Une heure par jour en semaine et trois heures le week-end, soit environ 8 heures par semaine, c’est une base sérieuse. Le plus important, c’est la régularité : huit heures chaque semaine valent mieux qu’un week-end entier une fois par mois.

Faut-il prévenir son employeur ?

Selon service-public.fr, il n’y a pas d’obligation générale de le prévenir, mais certaines conventions collectives demandent une autorisation préalable. Relis ton contrat et ta convention avant de démarrer, et ne fais jamais concurrence à ton employeur.

Peut-on monter le soir quand on a des enfants ?

Oui. Tu peux monter quand la maison dort, ou tôt le matin : personne ne regarde l’heure à laquelle tu montes. Ton client, lui, regarde seulement si sa vidéo arrive à la date annoncée.

Combien peut rapporter le montage en complément ?

Un salarié m’a dit en appel : « En CDI, à part attendre la prime du chef qui tombe tous les deux ans ou tous les ans, je voudrais trouver un système B. » Pour un ordre d’idée, 300 € de plus par mois, à 25 à 45 € le short, c’est entre 7 et 12 shorts. Mes prix sont détaillés dans combien facturer un montage quand on débute.

Où trouver ses premiers clients quand on a peu de temps ?

Évite les appels d’offres, ces annonces où des dizaines de monteurs répondent au même client : tu y es le quarantième, et on te choisit au prix. Choisis plutôt cinq créateurs, offre un montage à l’un d’eux, et relance. Le pas à pas est dans trouver ses premiers clients en montage avec la méthode du cadeau.

Ton prochain pas

Attendre d’avoir du temps, c’est rentrer encore à 18 h 30 dans un an, avec la même idée qui tourne et aucun montage livré. Si tu prends ta première heure ce soir, dans huit semaines tu auras offert ton premier montage à un vrai créateur.

Reste à faire tenir ce planning dans ta vraie semaine, avec tes horaires et ta famille. Bloque un appel gratuit : on pose ton vrai emploi du temps sur la table, et on voit ce que tu peux y faire tenir. Et le soir, tu ne seras pas seul devant ton écran : les appels du groupe ont lieu à 20 h. Tu arrives persuadé de ne pas avoir le temps. Tu repars avec tes huit premières semaines écrites noir sur blanc.

Construire mon planning avec Théo

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

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