Tu as envie de te lancer dans le montage, et une question te freine : est-ce que ce métier existera encore dans cinq ans ? Tu lis partout que l’IA monte déjà des vidéos toute seule, et tu as peur d’apprendre un métier qui disparaîtra pile au moment où tu seras prêt. Un futur monteur me l’a demandé en appel : « Justement, est-ce que le montage, ça va pas être remplaçable dans pas longtemps ? » Le temps de lire cette page, et tu sauras quelle partie du métier va s’éteindre, laquelle va payer, et comment te placer du bon côté dès ce soir.
La réponse courte. Oui, monteur vidéo est un métier d’avenir, mais pas n’importe quelle partie du métier. Les clients ont toujours besoin de vidéos : 91 % des entreprises interrogées par Wyzowl pour son rapport 2026 utilisent la vidéo pour se faire connaître et vendre. Par contre, le travail qui tient en une phrase (couper les silences, ajouter des sous-titres) rapporte de moins en moins. Ce qui va payer, c’est la vidéo qui fait gagner de l’argent à quelqu’un, montée par une personne qui comprend pourquoi.
Cette inquiétude, je la comprends. Je monte depuis 2012, et des clients me paient toujours chaque mois pour monter leurs vidéos. Si tu as peur, ce n’est pas ta faute : les vidéos qui parlent d’IA te répètent que tout va disparaître, sans jamais te dire quelle partie du métier reste. Alors regardons les deux, en commençant par la demande.
Monteur vidéo, métier d’avenir : la demande ne baisse pas, elle s’élargit
D’abord le chiffre, et ses limites. Le rapport 2026 de Wyzowl repose sur un sondage de 266 personnes, réalisé fin 2025. Ce n’est pas le marché français, et ce n’est pas un comptage de toutes les entreprises. Par contre, l’enquête existe depuis douze ans, et la part des entreprises qui utilisent la vidéo est remontée à son plus haut niveau, à égalité avec son record. Le message est clair : la vidéo est devenue un outil de base, pas un luxe. Pour toi, ça veut dire que les gens qui pourraient te payer s’en servent déjà.
Ce que je vois chez mes clients va dans le même sens, avec une nuance qui compte pour toi. Tes futurs clients ne sont plus seulement des YouTubeurs. Des millions de gens vendent des services en ligne : des coachs, des coachs de coachs, des créateurs qui vendent des produits sur Internet. Et chacun a besoin de vidéos.
Prends une de mes clientes : elle apprend le maquillage à des élèves, deux sessions par mois, à 3 000 € par personne. Elle n’a aucune chaîne YouTube, et pourtant, elle a besoin de vidéos. Ces clients-là ne sont pas sur YouTube, donc presque personne ne va les chercher. Toi, tu peux.
La demande grandit, donc. Sauf qu’une partie de ton futur travail est en train de perdre sa valeur.
Ce qui va disparaître : le travail qui tient en une phrase
Imagine que tu reçois ce message d’un client : « Enlève les silences. » Ou : « Ajoute des sous-titres. » Ou encore : « Coupe cette vidéo en morceaux de 30 secondes. » Une tâche qui tient en une phrase finit par être faite par un outil. Et quand un outil sait la faire, le prix de cette tâche s’effondre, parce que ton client compare ton devis au prix d’un abonnement. Si tout ton travail tient dans une de ces phrases, tu te bats contre un logiciel.
Ce n’est donc pas le métier qui est menacé. C’est le prix des tâches qu’on peut faire sans réfléchir. Ce que l’IA fait déjà, et ce qu’elle ne fait pas, je l’ai détaillé dans l’IA va-t-elle remplacer les monteurs vidéo ? Ici, on regarde l’autre côté : qui paie, et pour quoi.
Ce qui va payer : la vidéo qui fait gagner de l’argent
Quand une vidéo aide directement ton client à vendre, il ne la compare pas au prix d’un outil. Il regarde ce qu’elle lui rapporte.
Ouvre Instagram ou Facebook et regarde les publicités en vidéo. Derrière chacune, il y a quelqu’un qui a déjà choisi de payer pour de la vidéo, parce qu’elle l’aide à vendre. Une journée passée à monter des publicités se facture entre 200 et 600 €. Ce n’est pas le même marché que le montage d’un film de vacances.

Et ce qui se paie de plus en plus, c’est tout ce qui entoure la vidéo : des idées de sujets, des scripts, des shorts (des vidéos courtes et verticales) tirés d’une vidéo longue. Un créateur qui vend du coaching n’a pas le temps de s’en occuper. Si tu le fais pour lui, aucun outil ne te remplace : tu deviens la personne qui fait tourner sa chaîne. Les prix de ces formats sont dans combien facturer un montage quand on débute.
Et c’est là que je vois le métier se couper en deux.
Le monteur vidéo de 2028 : celui qui exécute, ou celui qui décide
Voilà ce que je vois venir. D’ici 2028, il y aura deux camps, et tu vas choisir le tien. Dans le premier, tu exécutes : tu fais ce qu’on te dit, ce que l’IA sait déjà faire, et ton client te compare à elle sur le prix. Ce camp-là va disparaître. Dans le second, tu décides : tu te sers de l’IA pour tout ce qui se répète, comme analyser une chaîne en cinq minutes ou trouver trois idées de vidéos, et tu fais payer tes choix. Ce camp-là pourra augmenter ses prix.
Ce que l’IA ne fait pas, c’est justement ce qui te reste dans le second camp : trier 50 Go de rushs, choisir ce qu’on garde, faire rire ou émouvoir, gérer les allers-retours avec un client. Les gens ne cherchent pas un robot.
Donc, aujourd’hui, ne cherche pas seulement à monter plus vite. Apprends à comprendre ce que chaque vidéo doit rapporter à ton client. Et ça se travaille dès ce soir.
L’exercice de ce soir pour te mettre du bon côté
Tu peux tout vérifier toi-même, en trente minutes.
Ouvre la bibliothèque publicitaire de Meta, un site gratuit qui montre toutes les pubs qui tournent sur Instagram et Facebook. Tape un mot du sujet qui t’attire : coaching, immobilier, formation, e-commerce. Note cinq annonceurs (des gens qui paient pour diffuser des pubs) dont les pubs sont en vidéo. Pour chacun, regarde trois choses : combien de pubs tournent en même temps, si les vidéos sont montées ou filmées d’un seul bloc, et si elles ont des sous-titres.
Au bout de trente minutes, tu as cinq noms de gens qui paient déjà pour de la vidéo, et tu sais ce qui manque à leurs pubs. Voilà ce que veut dire être du bon côté : tu ne te demandes plus si le métier a de l’avenir, tu sais pour qui il en a. Pour leur écrire sans passer pour un monteur de plus, suis la méthode du cadeau pour trouver des clients.
Salarié, freelance ou à distance : où tu trouveras du travail
Il existe des postes de monteur salarié, mais ils restent rares. Les trois options sont comparées honnêtement dans emploi monteur vidéo débutant : CDI, alternance ou freelance.
La demande des coachs, des formateurs et des vendeurs en ligne passe surtout par le freelance, c’est-à-dire le travail à ton compte. Ces clients sont souvent plus petits que tu ne le crois, ils travaillent sur Internet, et tu peux monter pour eux de n’importe où : les rushs t’arrivent par un lien, la vidéo repart par un autre. L’organisation concrète est dans monteur vidéo en télétravail.
Et tu n’as pas besoin de tout quitter pour essayer. Une heure par jour suffit pour commencer, comme je l’explique dans devenir monteur vidéo en gardant ton travail. Par contre, je ne vais pas te vendre un métier parfait.
Le côté sombre du métier, sans filtre
Tu recevras des rushs en retard. Tu auras des clients qui envoient n’importe quoi, n’importe quand, et des retours à n’en plus finir. Tu passeras souvent la moitié de ton temps sur le dérush, le tri des images avant de monter. Et tu devras continuer à chercher des clients, même quand tout va bien. J’ai même tourné une vidéo sur ce sujet, avec un titre qui pose la question sans détour :
Un métier d’avenir n’est pas un métier facile. C’est un métier où le travail sera là, à condition que tu sois du bon côté.
Le jour où ton format passe de mode
Reste un danger, et il ne vient pas de l’IA. Projette-toi dans deux ans. Tu vis d’un format qui marche bien, tes clients sont contents, et tu te dis que ton avenir est réglé. C’est exactement là que le risque arrive, parce qu’un format, une plateforme ou un sujet peut passer de mode.
Je l’ai vécu. Ma chaîne YouTube, lancée quand j’étais en terminale, parle de jeux vidéo. Un jour, le jeu qu’elle suivait est passé de mode. Même chaîne, mêmes abonnés, et plus rien qui rentrait.
Je te le raconte parce que tu vas réussir à vivre d’un format, et que le jour où il s’essouffle, il vaut mieux l’avoir prévu. Ne construis pas tout ton travail sur un seul format, un seul client ou une seule plateforme. Choisis des clients dont la vidéo les aide à vendre : leur besoin ne disparaît pas quand une mode passe. Et apprends les nouveaux formats pendant que l’ancien te paie encore.
Questions fréquentes
Le montage vidéo a-t-il de l’avenir avec l’IA ?
Oui, si tu comprends à quoi sert chaque vidéo et que tu te sers de l’IA pour aller plus vite. Beaucoup moins si tu fais seulement ce qu’un outil sait déjà faire. Tout le détail est dans l’IA va-t-elle remplacer les monteurs vidéo ?
À quoi ressemblera le métier de monteur vidéo en 2030 ?
Je ne donne pas de chiffre pour 2030. Ce que je vois aujourd’hui : les tâches répétitives se font de plus en plus toutes seules, et les gens qui vendent en ligne ont de plus en plus besoin de vidéos. En 2030, le monteur qui s’en sortira sera celui qui relie les deux.
Combien gagne un monteur vidéo aujourd’hui ?
Compte 25 à 45 € pour un short, 200 à 1 500 € pour une vidéo YouTube, et 200 à 600 € pour une journée de montage. Dans mon groupe, ceux dont c’est devenu le métier font en moyenne 2 000 à 2 500 € de chiffre d’affaires par mois.
Est-il trop tard pour se lancer en 2026 ?
Pour exécuter des consignes, oui, tu arrives tard. Pour apprendre à monter, à comprendre ce que la vidéo doit rapporter et à trouver tes propres clients, la demande t’attend. Les étapes sont détaillées dans devenir monteur vidéo en 5 étapes.
Faut-il une formation pour avoir sa place dans ce métier ?
Personne ne te l’imposera. Si tu en suis une, choisis-la sur ce qu’elle t’apprend en plus du logiciel : comprendre ce que la vidéo doit rapporter, et trouver tes clients. Les critères à vérifier sont dans ce guide pour choisir une formation de monteur vidéo.
Ton prochain pas
Si tu attends de savoir si le métier va survivre, dans deux ans tu poseras encore la question, pendant que d’autres auront pris les clients. Si tu fais l’exercice de la bibliothèque publicitaire cette semaine, dans deux ans, c’est toi qu’on paie pour décider, pas seulement pour couper.
Réserve ton appel gratuit : on regarde ensemble ce que tu sais déjà faire, et quelle partie du métier tu peux proposer en premier. Dans le groupe, tout un chapitre s’appelle « Maîtriser les IA », et une centaine de membres avancent avec toi. Tu arrives avec la peur d’être remplacé, tu repars en sachant ce que tu vas vendre.
Voir quelle partie du métier je peux vendre

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





