Tu as envoyé ton short, ton message, tes idées. Trois jours plus tard, la conversation affiche « Vu », et rien d’autre. Tu voudrais relancer ce client, mais une petite voix te dit que tu vas être lourd, que tu vas le déranger, ou pire, que ton silence à lui veut dire « c’est nul ». Alors tu n’écris rien, et tu passes à autre chose avec un petit pincement. Pourtant, relancer un client freelance qui ne répond pas, c’est souvent là que la réponse arrive. Tu vas voir quand le faire, quoi lui écrire, et à quel moment t’arrêter.
La réponse courte. Relance trois fois au maximum. La première fois trois ou quatre jours après ton message, la deuxième une semaine plus tard avec quelque chose de nouveau, la dernière au bout d’un mois pour laisser la porte ouverte. Chaque relance apporte quelque chose, jamais juste « tu as vu mon message ? ». Et au premier non clair, tu remercies et tu arrêtes.
Pourquoi un silence n’est pas un non
Le silence te fait croire que ton message était raté. Sauf qu’un créateur qui ne répond pas n’a encore rien décidé. Souvent, il ouvre ton message entre deux tournages, se dit qu’il le regardera le soir, puis l’oublie sous vingt autres notifications. Ce n’est pas un refus. C’est une journée chargée.
Une grande étude le montre très bien. En juin 2026, l’entreprise Belkins a mis à jour une étude sur plus de 7,5 millions d’emails de prospection envoyés en 2025 (des emails envoyés pour trouver des clients). Le premier message a reçu 41,4 % des réponses. Les relances, elles, en ont reçu 58,6 %. Et le troisième message, à lui seul, a apporté 35,6 % des réunions obtenues par email, plus que les deux premiers messages réunis. Autrement dit, s’arrêter au premier message, c’était se priver de plus de la moitié des réponses.
Une limite, pour être honnête : ce sont des emails professionnels, envoyés d’une entreprise à une autre, pas des messages privés à des créateurs. Tu ne peux donc pas reprendre ces pourcentages tels quels. Ce qui reste vrai pour toi, c’est le fond : beaucoup de gens ne répondent pas au premier message, et beaucoup répondent au deuxième ou au troisième.
Reste à savoir quand envoyer ces messages, pour rappeler ta présence sans mettre la pression.
Le calendrier pour relancer un client freelance
Voici le rythme que je te conseille quand tu démarches un créateur : quatre messages au total, sur un mois. L’étude de Belkins conseille d’ailleurs trois à cinq messages en tout, parce qu’après le cinquième, les réponses deviennent beaucoup plus rares.
| Quand | Message | Ce que tu apportes |
|---|---|---|
| Jour 0 | Ton message de départ | Ton cadeau : un short, des idées, un conseil |
| Jour 3 ou 4 | Relance 1 | Un rappel court, avec une précision utile |
| Vers le jour 10 | Relance 2 | Un nouveau petit cadeau : une idée tirée de sa dernière vidéo |
| Vers le jour 30 | Relance 3 | La porte ouverte, sans pression |
Pourquoi trois ou quatre jours pour la première relance ? Parce qu’avant, tu mets la pression. Et après, il a oublié ton message, et ton cadeau avec. Si tu prépares ton tout premier démarchage, tu retrouves ce rythme dans le plan en 7 jours pour décrocher ton premier client : tu envoies le quatrième jour, tu relances le septième.
Reste toujours dans la même conversation. Si tu as écrit en message privé sur Instagram, relance en message privé, juste sous ton premier message. Comme ça, il retrouve ton short sans chercher. J’en parle plus en détail dans l’article pour trouver des clients sur Instagram.
Le calendrier te dit quand écrire. Il te reste à savoir quoi écrire.
Trois relances prêtes à copier
Relance 1, le rappel utile (jour 3 ou 4).
Salut [prénom], je remonte mon message au cas où il se serait perdu. Le short tiré de ta vidéo [titre] est toujours là, prêt à poster : [lien]. Il fait [durée], sous-titres compris. Bonne semaine !
Cette relance ne reproche rien. Elle rappelle le cadeau, et elle ajoute une info pratique : il peut le poster tout de suite, sans rien faire.
Relance 2, le nouveau cadeau (vers le jour 10).
Salut [prénom], j’ai vu ta dernière vidéo sur [sujet]. À [minute exacte], quand tu [moment précis], il y a un très bon short à faire. Si tu veux que je le monte, je te fais une proposition simple. Et sinon, aucun souci, je continue de te suivre.
Celle-ci prouve que tu suis vraiment sa chaîne. Tu ne refais pas un montage gratuit, tu offres seulement une idée. Du coup, elle ne ressemble pas à une relance. Elle ressemble à un monteur qui travaille déjà pour lui.
Relance 3, la porte ouverte (vers le jour 30).
Salut [prénom], dernier message de ma part. Le jour où tu veux lancer des shorts ou déléguer le montage de tes vidéos, garde mon contact : [lien vers ton short]. Belle suite pour la chaîne !
La dernière ferme la conversation proprement. Tu n’as rien perdu. Et si son besoin arrive dans trois mois, ton nom a de bonnes chances d’être le premier qui lui revient.

Ces trois messages marchent parce qu’ils donnent quelque chose. Il suffit pourtant d’une seule phrase maladroite pour qu’une relance devienne lourde.
Ce qu’une relance ne doit jamais contenir
« Tu as vu mon message ? » Toute seule, cette phrase ne lui apporte rien, et elle sonne comme un reproche.
Le « je me suis donné du mal ». Des phrases comme « j’y ai passé du temps » ou « j’attends ton retour » le font culpabiliser. Ton cadeau était un cadeau, et un cadeau ne se réclame pas.
Un prix qui baisse. Si tu baisses ton prix pour forcer une réponse, tu signes un client qui te paiera toujours ce prix-là.
Trois endroits le même jour. Un message privé, un email et un commentaire sous sa vidéo, le même jour, ça met la pression. Une seule conversation, un seul rythme.
Quand arrêter de relancer un client
Au premier non clair. Tu réponds une ligne, « Merci pour ta réponse, bonne continuation ! », et tu passes à la chaîne suivante. Un non poli aujourd’hui peut devenir un oui dans un an. Par contre, si tu insistes après un non, ce oui-là n’arrivera jamais.
Après la troisième relance sans réponse. Quatre messages en un mois, c’est assez. Au-delà, tu deviens lourd, et même dans l’étude de Belkins, les réponses se font rares après le cinquième message.
Quand tu n’as plus rien de neuf à lui apporter. Si tu reviens un jour vers lui, ce sera avec du nouveau : il lance un format, il cherche quelqu’un, il publie une vidéo qui appelle un short évident.
Et si, après dix cadeaux et toutes leurs relances, personne ne répond ? Tu n’y es pour rien. C’est le cadeau ou la chaîne choisie qui coince. Relis ce que doit contenir un bon portfolio de monteur vidéo, et vérifie que ton montage parle de sa chaîne à lui, pas de la tienne. Puis revois ta liste avec la méthode du cadeau pour trouver des clients : les très grosses chaînes ont souvent déjà leur équipe, alors que les petits créateurs qui vendent quelque chose ont un vrai besoin.
Quand le créateur répond enfin « envoie-m’en d’autres »
Garde ce moment dans un coin de ta tête, parce qu’il arrive plus vite qu’on ne croit. D’ici quelques semaines, une de tes relances va marcher. Le créateur te répond enfin, il adore le short, et il te demande d’en monter deux ou trois autres pour voir. Tu es tellement content d’avoir une réponse que tu as envie de dire oui tout de suite.
C’est là que le piège se referme. Si tu offres encore, il prend l’habitude de recevoir ton travail gratuitement. Le jour où tu parles d’argent, ça devient bizarre, pour lui comme pour toi. Le cadeau, c’était une fois. La suite, c’est du travail, et le travail se paie.
Je t’en parle avant que ça t’arrive, parce que ce oui-là est une bonne nouvelle, et qu’il serait dommage de le transformer en travail gratuit. Réponds le jour même avec une proposition simple : un pack de quatre shorts, un prix par short (entre 25 et 45 € quand tu débutes), un délai, et deux allers-retours inclus (deux séries de corrections). Si tu hésites sur le chiffre, appuie-toi sur le prix d’un short et d’une vidéo quand on débute en montage.
Questions fréquentes
Combien de temps attendre avant de relancer un client ?
Trois ou quatre jours pour la première relance. C’est assez pour qu’il ait vu ton message, et pas assez pour qu’il ait oublié ton cadeau.
Combien de relances maximum ?
Trois, donc quatre messages en un mois. L’étude de Belkins sur plus de 7,5 millions d’emails entre entreprises conseille trois à cinq messages en tout, et montre que les réponses deviennent rares après le cinquième.
Le créateur a vu mon message mais n’a pas répondu, c’est un non ?
Non. « Vu » veut dire qu’il l’a ouvert, pas qu’il a pris une décision. Souvent, il l’a lu au mauvais moment. Suis ton calendrier comme si de rien n’était.
Faut-il relancer un client avec qui j’ai déjà travaillé ?
Oui, et c’est la relance la plus facile de toutes. Propose-lui la suite : une idée de short tirée de sa dernière vidéo, ou un format qu’il ne fait pas encore. Un client content ne pense pas toujours à te commander la suite, alors c’est à toi de la lui proposer.
Relancer, ça marche aussi sur LinkedIn ou par email ?
Oui, avec le même calendrier. Reste au même endroit que ton premier message, pour qu’il retrouve ton cadeau en un clic.
Ton prochain pas
Tu peux laisser tes messages dans le silence et te dire que c’était non. Ou tu peux envoyer demain une relance qui apporte quelque chose, et découvrir que le créateur attendait juste un rappel. Ce qui fait la différence, souvent, c’est la qualité du premier message. Réserve un appel gratuit : on relit ensemble ce que tu as déjà envoyé, et on prépare la relance qui part demain. Ta relance de demain peut très bien être celle qui reçoit le oui.

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





