Services additionnels pour monteur vidéo : 5 choses à vendre en plus du montage pour gagner plus par client

Théo Bayoux devant une maison moderne, en plein soleil

Un créateur te confie sa vidéo. Il ne te confie presque jamais ce qui va autour : les shorts, les miniatures, les idées de la semaine suivante. Souvent, personne ne s’en occupe, faute de temps. Toi, tu aimerais gagner plus, mais l’idée de chercher encore et encore de nouveaux clients te fatigue d’avance. Bonne nouvelle : ces trous autour de la vidéo sont sous les yeux de tout le monde, et presque personne ne les vend. Voici lesquels vendre, et comment les proposer à un client que tu as déjà, sans même toucher à ton prix.

La réponse courte. Un monteur vidéo peut vendre cinq services additionnels en plus du montage : les idées de vidéos, les scripts, le clipping (tirer des shorts d’une vidéo longue ou d’un live), les miniatures (les images qu’on voit avant de cliquer), et l’adaptation des formats avec sous-titres. Ils augmentent ce que te rapporte chaque client, sans en chercher de nouveaux. Leur point commun : ce sont des décisions, pas des tâches, et c’est justement ce que l’IA ne remplace pas.

Les trous autour de chaque vidéo

Un créateur qui publie une vidéo longue par semaine a presque toujours des trous autour. Son dernier short date de plusieurs mois. Ses lives ne sont jamais découpés en best-of. Il n’existe ni sur LinkedIn, ni sur Twitter. Ses miniatures sont faites à la va-vite, la veille de la publication.

J’en ai eu la preuve sur ma propre chaîne. J’ai publié une vidéo qui conseillait aux monteurs de proposer un short aux créateurs qui n’en font pas, et elle a fait plusieurs milliers de vues. Au même moment, je n’avais pas publié un seul short depuis trois mois. Combien de monteurs m’en ont proposé un ? Zéro. Toi, tu peux être celui qui écrit.

Chacun de ces trous, c’est un service que tu peux vendre. Mais fais attention à la façon de le dire. N’envoie pas la liste de tout ce qui ne va pas : personne n’aime recevoir une liste de reproches. Montre un seul trou, déjà bouché.

L’exercice de dix minutes. Prends la chaîne de ton client, ou celle que tu vises. Note la date de son dernier short. Regarde ses trois dernières miniatures. Vérifie s’il découpe ses lives. En dix minutes, tu as ta liste de trous, et tu sais par lequel commencer.

Une fois les trous repérés, voici les cinq services qui les bouchent.

Les 5 services additionnels d’un monteur vidéo

1. Les idées de vidéos

Trouver quoi publier chaque semaine prend du temps à un créateur. Toi, tu vois ses vidéos de l’intérieur, plan par plan. Tu sais lesquelles ont marché, et pourquoi. L’IA peut t’aider : en cinq minutes, elle analyse une chaîne et te propose trois idées. Mais choisir celles qui collent à cette chaîne, à son public et à ce qu’elle doit rapporter (des vues, des abonnés ou des ventes), c’est ton travail.

2. Les scripts

Un script, c’est le texte que le créateur va dire, dans l’ordre. Un créateur qui vend un coaching n’a souvent pas le temps de l’écrire. Toi, tu sais ce qui retient l’attention, parce que tu coupes tous les jours ce qui la fait perdre. Un script repose sur une structure simple : une accroche, un déroulé, une fin qui dit quoi faire. Pas besoin d’être écrivain pour la poser.

3. Le clipping

Le clipping, c’est tirer des shorts d’une vidéo longue ou d’un live. Le montage d’un short, n’importe quel outil commence à savoir le faire. Ce qui se paie, c’est de savoir quel moment couper. Je facture un short entre 25 et 45 €, et j’explique quand demander plus dans le tarif d’un montage de short, Reel ou TikTok.

4. Les miniatures

La miniature décide si quelqu’un clique ou non. Quand elle est faite à la va-vite, c’est un trou facile à repérer. Toi, tu as la vidéo en tête, tu connais son moment fort : tu es bien placé pour proposer l’image et le texte qui vont avec.

5. Les sous-titres et l’adaptation des formats

Soyons honnêtes : les sous-titres seuls, les logiciels les fabriquent aujourd’hui tout seuls. Les vendre seuls n’a plus de sens. Par contre, transformer une vidéo longue en versions verticales, avec une accroche retravaillée, des sous-titres propres et un format pour chaque réseau, ça reste un vrai travail.

Tu as remarqué ce que ces cinq services ont en commun ? C’est justement ce qui va compter le plus dans les années qui viennent.

Ce que l’IA ne fera pas à ta place : décider

L’IA a déjà fait disparaître une partie du travail : l’audit de chaîne (l’analyse complète d’une chaîne) qui se payait 2 000 €, les sous-titres, le tri des silences, l’intro qui prenait une heure. Si tu ne vends que ça, tu es comparé à l’IA sur le prix, et tu perds.

Ce qu’elle ne fait pas : choisir ce qu’on garde, sentir où placer l’humour et l’émotion, comprendre un client qui demande « un peu plus punchy », trier de gros volumes de rushs (les fichiers filmés). Et surtout, les gens ne cherchent pas un robot. Un créateur veut quelqu’un qui comprend sa chaîne.

Voilà ce que je vois venir. D’ici 2028, tu croiseras deux sortes de monteurs. Le premier exécute : il fait ce que la machine sait déjà faire, on le compare à elle sur le prix, et il finit par disparaître. Le second décide : il laisse l’IA faire ce qui se répète, il vend ses choix, et ses prix montent. Regarde les cinq services plus haut : chacun est une décision. Quelle idée, quel moment, quelle image, quel format. Donc, dès ton prochain client, vends au moins une de ces décisions en plus de ton montage.

Reste à les présenter sans transformer ton offre en menu de restaurant.

Ranger tes services dans une offre à trois niveaux

Ne vends pas ces services un par un, à chaque fois. Range-les dans une offre à trois niveaux, du plus simple au plus complet.

NiveauCe qu’il contient
BaseLe montage des vidéos, deux allers-retours, un délai fixé
IntermédiaireLa base, plus le clipping (des shorts tirés de chaque vidéo) et les miniatures
ComplèteL’intermédiaire, plus les idées de vidéos, les scripts, l’adaptation des formats et le motion design (les textes et formes animés)

Chaque service devient une raison de passer au niveau du dessus, pas un cadeau glissé dans le niveau de base. Pour placer le prix de ta base, regarde ce qui fait le prix du montage d’une vidéo YouTube.

Théo Bayoux, mains dans les poches, devant une maison moderne
Chaque service ajouté donne au client une raison de monter d’un niveau.

Une offre bien rangée, c’est pour tes futurs clients. Mais le client le plus facile à convaincre, tu l’as déjà.

Proposer un service à un client que tu as déjà

Ton client actuel te connaît et te fait confiance. Montre-lui un trou bouché, une seule fois. Par exemple :

J’ai vu que tu n’avais pas publié de short depuis ta vidéo sur [sujet]. Je t’en ai tiré un, le voici. Si tu veux, je peux t’en faire deux par vidéo, pour [prix] le short.

Ensuite, écris chaque service dans ton devis, ta proposition de prix écrite, avec ce qu’il contient. Les corrections suivent la même règle que pour le montage : deux allers-retours inclus (deux séries de corrections), et au-delà, ils se paient. Je détaille cette règle dans la règle des deux allers-retours. Et un service en plus, c’est une ligne en plus sur ta facture : pour qu’elle soit payée à temps, lis comment te faire payer quand tu es monteur vidéo freelance.

Et quand ce client se met à adorer tes idées, un piège s’ouvre sous tes pieds.

Tes idées ont un prix : arrête de les offrir

Celui-là, tu ne le verras venir que le jour où tes idées seront devenues précieuses. Dans six mois, tes clients les adoreront, et ils t’en demanderont à chaque appel. Tu vas les donner, parce que ça te fait plaisir et que ça ne te coûte rien sur le moment. Trois mois plus tard, tes idées sont devenues une habitude gratuite. Le jour où tu voudras les facturer, ton client aura l’impression que tu lui retires quelque chose.

C’est à toi de poser la règle dès le début, parce qu’après, il sera trop tard pour la poser sans froisser personne. Quand tu écris à un créateur pour la première fois, une idée offerte est un cadeau, et tu offres une fois. Une fois le client signé, tes idées sont un service. La solution : mets-les dans un niveau de ton offre, par exemple trois idées par mois. Et quand il t’en demande une de plus, réponds simplement que tu la gardes pour ses idées du mois prochain.

Questions fréquentes

Quel service additionnel proposer en premier ?

Le clipping. C’est le plus simple à montrer : tu tires un short de sa dernière vidéo, et il voit tout de suite le résultat. Si tu débutes et que tu cherches tes premiers prix, lis combien facturer un montage quand on est monteur vidéo débutant.

Combien facturer des idées de vidéos ou des scripts ?

Il n’existe pas de prix unique. Le plus simple est de les inclure dans un niveau de ton offre plutôt que de les vendre à l’unité. Vérifie ensuite ce que tu gagnes pour une heure : si un script te prend deux heures, ton prix doit les payer.

Faut-il savoir écrire pour vendre des scripts ?

Il faut surtout savoir ce qui retient l’attention, et tu l’apprends en montant. Commence par proposer une structure (une accroche, un déroulé, une fin), et le créateur garde ses propres mots.

Les sous-titres valent-ils encore quelque chose ?

Seuls, presque plus, parce que les logiciels les fabriquent tout seuls. Intégrés dans une vraie adaptation du format, avec une accroche et des titres travaillés, oui.

Où trouver des clients à qui vendre ces services ?

Chez les créateurs qui vendent quelque chose : leur vidéo les aide directement à gagner de l’argent. Pour les approcher sans rien quémander, suis la méthode pour décrocher un client de montage quand on débute. Si tu pars de zéro, commence par les 5 étapes pour devenir monteur vidéo.

Ton prochain pas

Tu sais quoi vendre en plus du montage, et comment le ranger dans ton offre. Il te reste à trouver le premier trou à boucher chez ton client. Prends un appel gratuit avec moi : envoie-moi sa chaîne, ou celle que tu vises, et on cherche ensemble le service à lui proposer en premier. Aujourd’hui, tu vends des vidéos. Bientôt, tu vendras des décisions, et c’est toi que le créateur appellera quand il ne saura plus quoi publier.

Trouver mon premier service à vendre

Portrait de Théo Bayoux, fondateur de Montage Guépard

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.

Facebook
Twitter
Email
Print