Tu veux être payé pour ton premier montage. Pour ça, il te faut un statut, et tu tombes sur une pluie de mots : SIREN, URSSAF, BIC, BNC, franchise de TVA. Un futur monteur m’a résumé ce moment en appel : « […] je sais pas faire un devis, une facture […] ». Derrière, il y a une peur précise : te tromper de case, et payer cette erreur pendant des années. En descendant cette page, tu vas trouver quel statut prendre, comment le créer sans payer, et ce qui revient chaque mois.
La réponse courte. Pour un monteur vidéo freelance qui démarre, le statut le plus simple est la micro-entreprise. Tu la crées gratuitement en ligne. Tes cotisations, la part que tu reverses à l’URSSAF, sont un pourcentage de ton chiffre d’affaires : 21,2 % en BIC ou 25,6 % en BNC en 2026. Tu peux facturer jusqu’à 83 600 € par an en prestations de services. Et tu déclares ton chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, même quand il est à zéro.
Si ces mots te bloquent, ce n’est pas ta faute : l’école ne t’a jamais expliqué comment on travaille à son compte. Ce qui fait peur ici, ce n’est pas la difficulté, c’est la nouveauté. Cette étape se passe une fois, et ensuite on n’y pense presque plus.
Pourquoi la micro-entreprise est le bon statut de monteur vidéo freelance pour démarrer
La micro-entreprise a une qualité qui compte énormément au début : tes cotisations suivent ton chiffre d’affaires, c’est-à-dire l’argent que tes clients te versent. En mars, tu factures 300 € : tu paies des cotisations sur 300 €. En avril, tu ne factures rien : tu ne paies rien. Tu n’as aucune somme fixe à sortir avant même d’avoir un client.
Elle est aussi ouverte à presque tout le monde. Selon economie.gouv.fr (fiche du 15 avril 2026), le régime accepte les demandeurs d’emploi, les retraités, les salariés et les étudiants. Si tu es salarié, vérifie deux choses avant de te lancer. D’abord, que ton contrat ne contient pas de clause d’exclusivité, une ligne qui t’interdit de travailler pour quelqu’un d’autre. Ensuite, que tu ne fais pas concurrence à ton employeur. Avec ces deux points réglés, tu peux monter le soir, sans quitter ton poste.
Ce guide résume les règles officielles en vigueur en octobre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique ou comptable : pour ton cas précis, l’URSSAF, ton service des impôts ou un comptable te répondront.
La bonne nouvelle, c’est que la création elle-même ne coûte rien.
Créer ton statut de monteur vidéo freelance : gratuit, en ligne, sur un seul site
La création se fait sur le guichet unique des formalités des entreprises, à l’adresse formalites.entreprises.gouv.fr, géré par l’INPI. La démarche est gratuite. Il te faut notamment ton numéro de sécurité sociale, une pièce d’identité et une déclaration de non-condamnation, c’est-à-dire une déclaration sur l’honneur que la justice ne t’interdit pas de diriger une entreprise. Méfie-toi des sites commerciaux qui te font payer cette démarche : le site officiel ne coûte rien.
Pendant la création, le formulaire te demande la nature de ton activité : commerciale ou libérale. Ce choix décide si tu es en BIC ou en BNC, donc de ton taux de cotisations. Pour un monteur, la réponse n’a rien d’évident, et je l’explique en détail dans monteur vidéo : BIC ou BNC ?
Une fois l’entreprise créée, tu reçois ton numéro SIREN, le numéro d’identité de ton entreprise, et l’INSEE, l’institut public des statistiques, t’attribue un code d’activité. Tu crées ensuite ton espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr. C’est là que tu déclareras ton chiffre d’affaires.
Si tu as entre 18 et 25 ans, ou dans certaines situations (demandeur d’emploi sous conditions, bénéficiaire du RSA, par exemple), regarde l’ACRE, une aide qui baisse tes cotisations au début. Selon service-public.fr (page vérifiée le 1er juillet 2026), elle les ramène à 75 % du taux normal jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit ton démarrage. Un trimestre civil, c’est un bloc de trois mois du calendrier : janvier à mars, avril à juin, et ainsi de suite. L’ACRE n’est pas automatique : tu la demandes à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début de ton activité.
Ton entreprise existe. À partir de là, un seul geste revient régulièrement.
Déclarer et payer : ce qui revient chaque mois ou chaque trimestre
Tu choisis de déclarer ton chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, et tu le déclares même quand il est nul. Tu paies les cotisations au moment de la déclaration. Les taux de 2026 sont donnés par economie.gouv.fr, dans une page du 6 mars 2026 intitulée « Micro-entreprises, quel est le montant de vos cotisations sociales ? ».
| Ton activité | Taux 2026 |
|---|---|
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services (BNC) | 25,6 % |
| Contribution à la formation professionnelle, en plus | 0,1 à 0,3 % selon l’activité |
Côté impôt, ton chiffre d’affaires s’ajoute à tes autres revenus, après un abattement automatique. Un abattement, c’est une part que les impôts retirent d’office, pour tenir compte de tes frais. Selon impots.gouv.fr (page modifiée le 16 juin 2026), il est de 50 % pour les prestations de services en BIC et de 34 % en BNC, avec un minimum de 305 €. Tu es imposé sur ce qui reste.
Tu peux aussi choisir le versement libératoire : tu paies ton impôt petit à petit, en même temps que tes cotisations, soit 1,7 % du chiffre d’affaires en BIC ou 2,2 % en BNC. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence 2024, le chiffre inscrit sur l’avis d’impôt, ne dépasse pas 29 315 € par part pour une option en 2026. Une part, c’est l’unité que les impôts utilisent pour compter les personnes d’un foyer. À la création, tu as jusqu’au dernier jour du troisième mois pour le demander.
Pour voir ce que tout ça donne sur un vrai chiffre d’affaires de monteur, j’ai fait le calcul dans le salaire d’un monteur vidéo en 2026. Reste ce que tu dois faire avant même d’envoyer ta première facture.
Les obligations à connaître dès la première facture
Imagine : ton client te dit oui, et tu ouvres un document vierge pour ta facture. Voici ce qui doit être prêt, selon la page d’economie.gouv.fr sur les obligations du micro-entrepreneur (écrite le 14 janvier 2026).
- La mention « EI ». Écris « Entrepreneur individuel » ou « EI » avant ou après ton nom sur tous tes documents : devis, factures, publicités. Le modèle est dans le devis de montage vidéo.
- Le livre des recettes. C’est un simple tableau où tu notes chaque paiement reçu, avec sa date, son origine et le moyen de paiement.
- Le compte bancaire dédié. Il devient obligatoire quand ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. Rien ne t’empêche d’en ouvrir un avant, pour ne pas mélanger ton argent perso et celui de tes clients.
- La CFE. C’est un impôt local que paient les entreprises. Tu ne la paies pas l’année de la création, mais tu dois faire une déclaration avant la fin de cette année-là. Tu en es exonéré si ton chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 5 000 €.
- La facturation électronique. Depuis le 1er septembre 2026, tu dois pouvoir recevoir des factures électroniques. Tu as jusqu’au 1er septembre 2027 pour envoyer les tiennes dans ce format.
- La conservation. Garde tes factures pendant 10 ans.

Avec tout ça en place, ton seul souci devient de facturer plus. Et là, une limite existe.
Le plafond de 83 600 € : ce qui se passe au-delà
Le plafond, c’est le chiffre d’affaires maximum que tu peux faire dans l’année en restant micro-entrepreneur. Selon service-public.fr (page vérifiée le 21 février 2026), il est de 83 600 € par an en 2026 pour les prestations de services, en BIC comme en BNC. Il était de 77 700 € en 2025.
Le dépasser une année ne te fait pas sortir du régime. Le dépasser deux années de suite, si : tu passes au régime réel le 1er janvier de l’année suivante, avec une comptabilité plus complète. Pour la plupart des débutants, ce plafond est loin. À 2 500 € de chiffre d’affaires par mois, tu fais 30 000 € sur l’année.
Et si tu as beaucoup de frais, la micro-entreprise devient moins intéressante, parce que l’abattement est un pourcentage fixe : il ne tient pas compte de tes vrais frais. Ce jour-là, parles-en à un comptable avant de changer quoi que ce soit.
Le deuxième seuil, celui qui arrive quand tout va bien
Un dernier point, et c’est celui qui surprend les gens au moment où leur activité marche. Ta deuxième année arrive. Tes clients reviennent, tu approches 40 000 € de chiffre d’affaires, et tu te sens tranquille, puisque le plafond est à 83 600 €. Sauf qu’il existe un deuxième seuil, beaucoup plus bas : celui de la franchise en base de TVA. Tant que tu es dessous, tu ne factures pas la TVA, cette taxe que la plupart des entreprises ajoutent à leurs prix et reversent à l’État.
En 2026, pour les prestations de services, ce seuil est de 37 500 € sur l’année précédente, et de 41 250 € sur l’année en cours. Au-delà, tu restes micro-entrepreneur, mais tu dois facturer la TVA. Et si tes prix ont été fixés sans y penser, cette TVA sort de ce qui devait te rester.
Je préfère que tu le saches dès la création, parce que ce seuil se prépare des mois à l’avance. Surveille ton chiffre d’affaires cumulé depuis janvier, et préviens tes clients bien avant d’y arriver. Tout le fonctionnement est dans la TVA pour un monteur vidéo freelance.
Questions fréquentes
Peut-on être salarié et monteur vidéo en micro-entreprise ?
Oui, le cumul est possible. Vérifie que ton contrat n’a pas de clause d’exclusivité, et respecte ton devoir de loyauté : pas de concurrence avec ton employeur. Si tu as un doute, pose la question à ton employeur avant de te lancer.
Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?
Rien, si tu passes par le site officiel des formalités des entreprises. Les sites qui te font payer la démarche ne sont pas obligatoires.
Faut-il déclarer son chiffre d’affaires quand on n’a rien facturé ?
Oui. Tu déclares chaque mois ou chaque trimestre, même à zéro. Dans ce cas, tu n’as aucune cotisation à payer.
Faut-il un statut avant de démarcher des créateurs ?
Pas pour envoyer un premier cadeau. Par contre, il te le faut avant ta première facture. La méthode pour démarcher est dans comment trouver des clients quand on est monteur vidéo débutant, et les prix à annoncer dans le tarif d’un monteur vidéo débutant.
Ton prochain pas
Le statut, tu le crées une fois et tu l’oublies presque. Ce qui demande vraiment du travail, c’est la première facture, donc le premier client. Aujourd’hui, ces mots te bloquent. Demain, tu as ton numéro SIREN, et le nom de ton premier client écrit en haut d’une facture. Réserve un appel gratuit : on regarde ensemble quel créateur viser en premier, et quoi lui proposer.
Choisir mon premier client avec Théo

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





