Démarcher des créateurs un par un te fatigue d’avance. Tu aimerais qu’on t’envoie des vidéos à monter, sans avoir à convaincre chaque client toi-même. Alors une question te trotte dans la tête : et si travailler pour une agence de montage vidéo, ou pour une agence de communication, était plus simple quand on débute et que démarcher fait peur ? Sauf que tu te demandes aussi si une agence voudra d’un débutant, et combien elle te paiera vraiment. Voici ce qu’une agence peut t’apporter, ce qu’elle te coûte, et comment en démarcher une sans finir dépendant d’elle.
La réponse courte. Oui, travailler pour une agence de montage vidéo ou de communication peut être une bonne idée pour débuter : du volume, de la régularité, et un cadre pour apprendre à tenir des délais. En échange, tu es payé moins qu’en direct, parce que l’agence garde sa part, et tu risques d’en dépendre. Démarche les agences locales avec un cadeau, négocie un prix par vidéo avec deux allers-retours inclus, et garde toujours tes propres clients à côté.
Pourquoi les agences ont besoin de monteurs freelances
Les agences de communication de ta ville ont un problème que peu de monteurs voient : elles vendent plus de vidéos qu’elles ne peuvent en monter elles-mêmes. Une vidéo pour un restaurant, une autre pour un salon, des Reels (des vidéos courtes et verticales) pour un promoteur immobilier. Il faut bien que quelqu’un les monte.
Une agence n’embauche pas un monteur à chaque fois qu’elle a plus de travail que d’habitude. Quand trois clients signent le même mois, elle a deux choix : refuser du travail, ou sous-traiter, c’est-à-dire confier une partie du travail à quelqu’un d’extérieur. C’est là que tu entres.
Et des agences, il y en a beaucoup plus que tu ne crois. Fais le calcul : prends cent villes, compte cinq agences de communication par ville, et tu arrives à cinq cents agences. Cinq cents portes où presque personne ne frappe, parce que la plupart des débutants ne regardent que du côté de YouTube.
Un futur monteur me l’a expliqué en appel : « Il y a plein de monteurs qui vont chercher […] mais derrière, c’est difficile de les mettre en relation avec les bons créateurs. » C’est exactement le rôle d’une agence. Elle trouve les clients, elle vend, elle s’occupe de la relation. Toi, tu montes. Et pour un débutant, cette répartition a de vrais avantages.
Ce que travailler pour une agence de montage vidéo t’apporte
Du volume et de la régularité. Une agence qui te fait confiance t’envoie des vidéos sans que tu aies à les chercher. Ton mois se remplit plus vite qu’en démarchant seul.
Un apprentissage plus rapide. Des consignes différentes chaque semaine, des délais à tenir, des corrections précises. Tu apprends en quelques mois ce que tu mettrais beaucoup plus longtemps à apprendre seul.
Moins de démarchage. Pendant que l’agence vend, tu montes. Quand tu débutes et que démarcher te fait peur, c’est un vrai soulagement.

Tout ça a un prix, et il vaut mieux le connaître avant de signer.
Ce qu’une agence te coûte
Un prix plus bas. L’agence facture son client, garde sa part, et te paie le reste. C’est normal, puisque c’est elle qui a trouvé le client. Mais tu gagnes moins par vidéo qu’en travaillant en direct.
Aucun lien avec le client final. Tu ne parles pas au client de l’agence. Donc tu ne peux pas lui proposer d’idées, de formats en plus, ni lui montrer ce que tu vaux.
Des délais serrés. L’agence a promis une date à son client. Si elle t’appelle tard, c’est toi qui dois gérer l’urgence.
La dépendance. Si l’agence perd son client ou change de monteur, tu perds tout d’un coup.
| Ce que tu gagnes | Ce que tu paies |
|---|---|
| Du volume sans prospecter | Un prix plus bas qu’en direct |
| Des briefs variés, des délais, des retours | Des urgences qui ne sont pas les tiennes |
| Un cadre pour apprendre | Aucun lien avec le client final |
| De la régularité | Le risque de tout perdre d’un coup |
Un brief, c’est la consigne que l’agence te donne pour chaque vidéo. Si le tableau te convient, reste à te faire remarquer par une agence qui ne te connaît pas encore.
Comment démarcher une agence de montage ou de communication locale
Trouve-les. Cherche « agence de communication » ou « production vidéo » avec le nom de ta ville, sur Google Maps et sur LinkedIn. Ouvre leur site, regarde les vidéos qu’elles ont réalisées. Fais une liste de dix.
Envoie un cadeau, pas un CV. Prends une vidéo que l’agence a réalisée pour un de ses clients, et montes-en une version verticale de trente secondes, avec des sous-titres, prête pour les Reels. C’est la méthode du cadeau, appliquée aux agences.
Bonjour [prénom], j’ai vu la vidéo que ton agence a réalisée pour [client]. Je t’en ai fait une version verticale de 30 secondes, sous-titrée, prête pour les Reels : [lien]. Je suis monteur freelance à [ville]. Si ton équipe est débordée, je peux prendre des vidéos en renfort : délais tenus, deux allers-retours inclus.
Adapte le tutoiement au ton de l’agence. Pour d’autres versions, j’ai écrit trois modèles de message de prospection pour monteur vidéo.
Montre ce qu’une agence veut vraiment. Comprendre une consigne du premier coup, livrer à l’heure, tenir le rythme, zéro faute d’orthographe dans les sous-titres, et proposer des idées. Ton cadeau doit déjà prouver deux ou trois de ces points.
Relance. « J’ai fait trois vidéos […] pour des agences […] j’ai jamais eu de réponse. » C’est le bilan qu’un débutant m’a fait en appel. Trois envois, c’est peu, et sans relance, beaucoup de messages se perdent dans une boîte d’agence bien remplie. Suis le calendrier de l’article sur la relance.
Le jour où une agence te répond, une nouvelle question arrive : à quel prix dire oui ?
Négocier avec une agence, sans te brader
Facture à la vidéo, pas à l’heure. Si tu es payé à l’heure, chaque progrès en vitesse te fait perdre de l’argent. Avec un prix par vidéo, chaque minute que tu gagnes est pour toi.
Fixe le nombre de corrections. Deux allers-retours inclus (deux séries de corrections), annoncés dès ta proposition. Les corrections en plus, tu les factures. Avec une agence, c’est vital, parce que les remarques de son client passent par elle, et elles s’empilent vite.
Fixe le délai à l’avance. Certains clients envoient « n’importe quoi, n’importe quand », et une agence peut en faire partie. Pour eux, j’aime proposer un forfait de 1 000 € par mois, sans compter les vidéos, avec une date de livraison fixée ensemble à l’avance. L’agence sait qu’elle peut compter sur toi, et toi, tu connais ton revenu avant que le mois commence.
Un devis clair, et le paiement au début du mois quand tu travailles au forfait. Pour situer tes prix, lis combien facturer un montage quand on débute.
Plus tard, sous-traite toi-même. Le jour où tu as tes propres clients en direct, tu peux passer de l’autre côté. Quand un client veut du motion design (des textes et des formes qui bougent à l’écran) et que ce n’est pas ton point fort, tu le confies à quelqu’un dont c’est le métier, en gardant 20 à 30 % pour organiser le travail. À ton échelle, c’est toi qui deviens l’agence.
Le jour où l’agence remplit ton mois
Ce qui suit arrive précisément quand ça marche bien. Dans quelques mois, l’agence t’envoie assez de vidéos pour remplir tout ton mois. Tu arrêtes de démarcher, parce que tu n’en as plus besoin. Tout va bien.
Et c’est là que tu deviens fragile. Toutes tes vidéos dépendent d’une seule décision, qui n’est même pas la tienne. Si l’agence perd son plus gros client ou décide de changer de monteur, ton mois se vide d’un coup. Et tu dois tout reprendre depuis zéro, sans aucun client à toi.
Je préfère t’en parler avant, parce qu’une agence qui te fait confiance est une vraie chance, et que je veux que cette chance reste une force. Une agence, comme un gros client, ne doit jamais être ton seul revenu. Vise trois clients réguliers, dont au moins un que tu as trouvé toi-même, et ne coupe jamais complètement ton démarchage.
Questions fréquentes
Combien une agence paie-t-elle un monteur freelance ?
Moins qu’un client direct, puisqu’elle garde sa part. Avant d’accepter, compare avec tes prix en direct et calcule ton vrai taux horaire : divise le prix par le temps passé, du premier rush jusqu’à l’export.
Comment trouver des agences qui cherchent des monteurs ?
Sur Google Maps et LinkedIn, avec « agence de communication » ou « production vidéo » et le nom de ta ville. Puis élargis aux villes voisines : cent villes, cinq agences chacune, ça fait cinq cents agences.
Faut-il un contrat pour travailler avec une agence ?
Au minimum, un devis clair, accepté par écrit : le prix par vidéo, le délai, le nombre d’allers-retours inclus et les conditions de paiement.
Peut-on travailler pour plusieurs agences en même temps ?
Oui, tant que tu n’as pas signé d’exclusivité, c’est-à-dire une promesse de ne travailler que pour elle. C’est même une bonne façon de ne pas dépendre d’une seule.
Agence de montage ou agence de communication, laquelle démarcher ?
Les deux confient du montage à des freelances. Les agences de communication de ta ville sont les plus simples à approcher : tu peux même passer les voir. Si tu n’as encore aucun client, commence par le plan en 7 jours pour décrocher ton premier client, et glisse deux ou trois agences dans ta liste.
Ton prochain pas
Tu peux continuer à hésiter entre démarcher seul et attendre qu’une agence vienne te chercher. Ou tu peux envoyer cette semaine trois cadeaux à trois agences de ta ville, et devenir le monteur qu’elles appellent quand leur équipe déborde. Réserve un appel gratuit : on choisit ensemble les agences à démarcher près de chez toi, et on prépare ton premier message. Avec une agence d’un côté et tes propres clients de l’autre, c’est toi qui tiens les deux bouts.
Choisir les agences à démarcher

Théo Bayoux monte des vidéos depuis 2012 et a fondé Montage Guépard, l’accompagnement qui forme des monteurs freelances à trouver leurs propres clients. Son groupe de commandes a déjà confié plus de 2 000 shorts publicitaires à ses membres.





